Rentrée scolaire: Les livres pour enfants sur l’école s’arrachent en librairie

EDUCATION Les parents y voient l’occasion de préparer leurs bambins à la découverte de l’école ou au retour en classe…

Delphine Bancaud

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Une librairie jeunesse.

Une librairie jeunesse. — Pixabay/rebel1965

  • Les livres jeunesse évoquant l’école se vendent massivement à la fin de l’été.
  • Ils rassurent tant les enfants, que leurs parents.
  • Les éditeurs exploitent le filon, en proposant une large gamme d’ouvrages pour tous les âges.

La rentrée scolaire est dans moins de deux semaines, mais certains parents préparent leurs enfants en douceur à cette échéance. Un petit tour en librairie suffit et leurs bambins se voient gratifier de livres évoquant les réjouissances qui les attendent à l’école.

La fin de l’été est d’ailleurs la période où ces bouquins se vendent comme des petits pains, comme l’observe Sylvie Vassallo, directrice du Salon du livre jeunesse en Seine-Saint-Denis : « Ces livres se vendent très bien l’été. Car c’est une manière pour les parents de mettre leurs enfants en condition pour la rentrée en ouvrant avec eux la discussion sur l’école. Ils ont ainsi l’impression de les accompagner dans leurs évolutions », indique-t-elle. « Ils font partie des achats incontournables pour la rentrée. D’autant qu’ils permettent de calmer les angoisses des parents comme celles des enfants face à l’entrée en maternelle ou au CP », renchérit Claude Combet, spécialiste de la littérature jeunesse chez Livres Hebdo.

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Une offre pléthorique

Une demande fort bien anticipée par les éditeurs de jeunesse qui proposent une palette d’ouvrages très large. « Cela va du petit documentaire qui relate le déroulement d’une journée à l’école, en passant par le livre animé, ou une fiction qui se déroule à l’école ou bien encore une BD satirique sur le collège », décrit Claude Combet.

Et à chaque rentrée, les éditeurs lancent des nouveautés sur le sujet. Exemple avec Larousse jeunesse qui sort ce mardi Les super petits, une collection d’albums mettant en scène les préoccupations d’une bande de cinq copains entrant à la maternelle. « Ces livres dédramatisent l’entrée à l’école et permettent aux enfants de s’identifier aux personnages. Et à la fin de chacun d’eux, des instituteurs délivrent des conseils aux parents pour échanger avec leurs enfants sur ce qui passe à l’école », décrit l’auteur, Angela Portella.

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Les héros préférés des petits vont aussi à l’école

Parmi les titres qui se vendent le mieux en librairie figurent ceux qui mettent en scène les personnages préférés des enfants. « T’choupi rentre à l’école (Nathan) s’est ainsi vendu à 100.000 exemplaires depuis deux ans », observe Sébastien Rouault, directeur panel livres chez GFK. Autre carton de la même veine : P’tit loup rentre à l’école (Auzou), Petit Ours Brun rentre à l’école (Bayard jeunesse) ou Peppa Pig - : Peppa va à l’école (Hachette Jeunesse).

Mais les livres plus généralistes sur l’école qui décrivent son organisation et les activités de la journée fonctionnent bien également : « Entre 7.000 et 10.000 exemplaires sont vendus chaque année », relève Sébastien Rouault. Parmi les titres remportant le plus de succès figurent Vive l’école, dans la collection Kididoc des Petits ou Dokéo, mon livre de l’école (Nathan), L’école maternelle (Milan).

« Appréhender la réalité de l’école de manière rassurante »

Si les livres destinés aux élèves entrant en maternelle sont ceux qui fonctionnent le mieux, quelques titres concernant l’école primaire marchent bien. Notamment des premiers romans qui ont pour décor l’école. Exemples : avec les séries Le jour où (de Thierry Lenain), Les copains du CP, La bande du CE1, Moi & ma super bande chez Nathan. Ou la série Mes 100 premiers jours à l’école chez Gallimard. Ou bien encore Je suis en CP chez Flammarion Jeunesse Père Castor, qui raconte la découverte de l’école par des triplés.

« Ces collections ont une dimension plaisir, mais aussi une dimension pédagogique puisqu’il y a une mise en pratique de l’apprentissage de la lecture », souligne Camille Labey, libraire au Divan jeunesse à Paris. « Et le fait qu’il y ait une histoire permet aux enfants d’appréhender la réalité de l’école de manière rassurante, en la mettant un peu à distance », estime Sylvie Vassallo.

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L’univers de la BD largement exploité pour les collégiens

Les collégiens ne sont pas oubliés par les éditeurs pour autant. « D’ailleurs La Sixième de Susie Morgenstern qui raconte les aventures de Margot à son entrée au collège et dont la première édition date de 1985, s’est vendue à 55.000 exemplaires depuis 2015 », constate Sébastien Rouault. «  La 6èmeles doigts dans le nez ! (éditions des Deux coqs d’or) qui traite du sujet avec humour et en utilisant le graphisme de la BD marche très bien. Idem pour J’entre en sixième (Bayard jeunesse), Big nate, le champion de l’école (Gallimard jeunesse) ou Mission Collège (Casterman) qui exploitent les mêmes filons », analyse Camille Labey.

« Le collège y est souvent décrit comme un terrain de rencontres, qui permet à l’adolescent de découvrir l’altérité, la violence, l’amour », souligne Sylvie Vassallo. Des sujets inépuisables que vont continuer à exploiter de nombreux auteurs jeunesse…