Charlottesville: «Yes, you're racist», le compte Twitter qui cherche à identifier les manifestants de l'extrême droite

BUSTED Les internautes sont appelés à identifier les personnes présentes à la manifestation de l'extrême droite américaine...

D. D.

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La police anti-émeutes de l'Etat de Virginie sur les lieux de la manifestation d'extrême-droite à Charlottesville, le 12 août 2017.

La police anti-émeutes de l'Etat de Virginie sur les lieux de la manifestation d'extrême-droite à Charlottesville, le 12 août 2017. — CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

  • Un compte Twitter propose de trouver l'identité des manifestants présents à Charlottesville.
  • Les internautes mènent une cyber-enquête et ont déjà identifiés plusieurs suprémacistes.

Une « chasse aux racistes » s’organise sur Twitter depuis les événements de Charlottesville ce samedi. En marge d’une manifestation de la droite radicale américaine, une voiture a roulé sur des contre-manifestants et tué une personne.

« Si vous reconnaissez l’un des Nazis de #Charlottesville, envoyez-moi leur nom ou profil en ligne, et je les rendrai célèbres », indique le compte Twitter Yes, You’re Racist.

Une référence à un début de phrase que diraient souvent les personnes racistes : « Je ne suis pas raciste, mais… »

Inspecteurs 2.0

Les internautes jouent les détectives en herbe et essaient d’identifier les participants suprémacistes sur les photos à grand renfort de hashtag #ExposeTheAltRight (« l’extrême droite à découvert »), l’alt right étant le nom donné à l’extrême droite américaine. En comparant qui avec un profil Facebook, qui avec une photo sur le site de l’université ou encore… avec un profil Twitter.

Une initiative qui a déjà des conséquences. En témoigne cet exemple d’une entreprise qui indique avoir licencié un de ses salariés identifié une torche à la main.

Mais il y a bien évidemment des fails, comme ce Youtubeur pris à partie en se basant sur une photo de lui arborant un brassard nazi. Manque de pot, la personne en question est actuellement en vacances en Jamaïque et l’image est en fait issue d’un «  social experiment » (une « expérience sociale »). En se rendant en l’occurrence à un meeting de Donald Trump pendant la campagne américaine il voulait connaître la réaction des militants s’il venait avec un brassard arborant un  svastika.

Il y a aussi des internautes qui se demandent si l’initiative va dans le bon sens. Car, selon eux, elle n’est pas sans rappeler les heures les plus sombres de notre Histoire, où la délation battait son plein. Surtout, en les dénonçant de la sorte, les « twittos » ne vaudraient « pas mieux que les suprémacistes ».

Une considération qui résonne peu aux Etats-Unis où la pratique du « neighborhood watch » (la « surveillance de voisinage ») est commune. Reste désormais à savoir quelles sanctions seront prises à l’encontre des manifestants ainsi identifiés.