Loire-Atlantique: Privés de douche, les résidents d'une maison de retraite dénoncent des conditions de vie inacceptables

PERSONNES ÂGÉES Certains résidents de l'Ehpad de Paimboeuf n'ont pas pris de bain depuis le mois de mai, faute de personnel et de moyens...

20 Minutes avec agence

— 

Une personne âgée joue au bingo dans un EHPAD (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) - Illustration.

Une personne âgée joue au bingo dans un EHPAD (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) - Illustration. — Philippe Huguen AFP

Des employés débordés, des toilettes « à la chaîne », des résidents délaissés faute de temps et de moyens : c’est la triste réalité dénoncée par les personnes âgées et par les employés de la maison de retraite de Paimboeuf (Loire-Atlantique).

Unis dans leur combat, soignants et résidents dénoncent les conditions de vie déplorables dans cet établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) où la facture s’élève à près de 2.000 euros par mois.

La situation est telle que les pensionnaires et le personnel ont entamé une grève commune la semaine dernière, comme le relèvent nos confrères de Ouest-France.

« Attendre le sommeil »

Juliette, entièrement dépendante pour les gestes du coucher, du lever et de la toilette, a ainsi confié au quotidien qu’elle n’avait pas eu droit à une douche ou à un lavage de cheveux depuis trois semaines. Le dernier bain de cette résidente remonterait au mois de mai dernier.

Jeanine, une autre pensionnaire de 84 ans, est très destabilisée par les horaires variables. « On ne me lève jamais à la même heure. Tout dépend de la tournée du jour. (…)  Le soir, je suis couchée à 19 h 30. Je ne vois pas très bien, alors la TV, je ne la regarde pas trop. Je reste là à attendre. Attendre le sommeil (…). Toute une vie pour en arriver là », regrette la vieille dame.

>> A lire aussi : Le mal-être des aides-soignant(e)s dans les Ehpad: «C'est l'horreur. Aidez-nous !»

La toilette à la chaîne

Du côté du personnel, le bilan n’est pas plus rose. Les soignants sont à bout : « Nous disposons de quinze minutes pour la toilette de chaque personne. C’est la chaîne, regrette un membre du personnel. On n’a pas le temps de discuter et pourtant, elles sont très en demande. S’il y avait plus d’échanges, il y aurait moins d’antidépresseurs et de somnifères ».

Le sentiment du « travail mal fait »

« C’est très dur de rentrer chez soi avec le sentiment du travail mal fait (…). Maintenant j’ai honte de la manière dont on les traite. Dans quelques années, c’est moi qui serai résidente ici. Et je n’ose pas imaginer dans quelles conditions », confie une aide-soignante.

Conséquence pour les personnes âgées : « Un ennui que nous-mêmes, on ne supporterait pas », commente Guillaume, un animateur permanent. Le tout dans un environnement où « personne ne parle ni ne sourit », regrette Danielle, la fille d’une pensionnaire.

>> A lire aussi : Maltraitance: Une personne âgée sur dix est victime de mauvais traitements

Quelques embauches supplémentaires

L’établissement ne compte que cinq soignants pour 58 résidents. La direction de la maison de retraite de Paimboeuf a annoncé avoir recruté des employés supplémentaires afin de permettre au personnel de prendre ses vacances.

Trois jeunes ont également été recrutés en contrat de service civique « pour renforcer l’animation ».