VIDEO. Un an après la mort de Chaolin Zhang, la communauté chinoise d'Aubervilliers souffre toujours d'actes racistes

SECURITE Rassemblée pour honorer la mémoire de Chaolin Zhang, un an après sa mort à Aubervilliers, la communauté chinoise affirme toujours ne pas se sentir en sécurité…

Arian Karimi

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La femme et la sœur de Chaolin Zhang se sont recueillies, un an après sa mort à Aubervilliers.

La femme et la sœur de Chaolin Zhang se sont recueillies, un an après sa mort à Aubervilliers. — Arian Karimi

  • Des moyens ont été mis en place depuis la mort de Chaolin Zhang pour renforcer la sécurité de la communauté asiatique à Aubervilliers et à Paris.
  • Les agressions persistent et le sentiment d’insécurité est toujours présent.

Ils étaient à peine une dizaine à s’être rassemblés ce lundi à 16 heures, sur les lieux de la mort de Chaolin Zhang à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Un an après l’agression mortelle par trois jeunes hommes du couturier de 49 ans, la communauté chinoise ne se sent toujours pas en sécurité en France.

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Les agressions sont toujours fréquentes

Les Chinois interrogés par 20 Minutes sur les lieux du recueillement se livrent : ils ont été pour la plupart, déjà agressés plusieurs fois. Zhien Zhong est chef cuisinier, il a déménagé à Aubervilliers il y a quelques années. « Lors de mon installation, j’ai vite constaté des agressions et des vols ». Une dame chinoise confirme, « j’ai vu beaucoup de gens se faire attaquer autour de moi. Personnellement je me suis fait gazer au volant de ma voiture par des jeunes qui m’ont volé mon sac ».

Pour Chen, qui travaille également dans le milieu de la restauration, c’est encore plus grave. Avec son doigt, il montre sa cicatrice à la tête et affirme « ils sont six à m’être tombé dessus ». Ces agressions révoltent Kim. Cette jeune asiatique de 33 ans est impliquée dans le collectif « Sécurité pour tous », organisatrice du rassemblement pour Chaolin Zhang. « J’ai vu pas mal d’agressions - le gang de Vitry, Chaolin Zhang… - ça m’a mis en colère car j’ai l’impression que rien n’était fait pour arrêter cette situation », avoue-t-elle avec désarroi.

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Des moyens insuffisants ?

« La médiatisation a permis de jeter la lumière sur le drame vécu par la communauté chinoise depuis longtemps », avoue Job Calvin, l’avocat de la famille. Mais pour quels résultats ? Selon Kim, il y a des choses positives : « Les gens osent désormais en parler. Cela n’aboutit pas forcément à du concret, mais c’est déjà un pas en avant ».

Sur la sécurité, la jeune femme est plus partagée : « Il y a un peu plus de policiers à Aubervilliers, mais l’installation des caméras n’est pas pour tout de suite. Cela fait un an que la mairie est en train de voter les budgets… et le problème est urgent ». Tamara Lui, présidente de l’association Chinois de France, Français de Chine confirme : « Les violences continuent dans ce quartier, y compris dans le 93 [Seine-Saint-Denis] et le 94 [Val-de-Marne]. Il y a sans doute un effort de la part des préfets et des collectivités locales, mais il n’est pas visible. Les statistiques montrent une diminution des agressions, mais en réalité beaucoup d’Asiatiques ne vont toujours pas porter plainte ». Rui Wang président de l’Association des jeunes Chinois de France abonde dans ce sens : « Une partie des moyens promis par les autorités ont été mis en place, mais le sentiment d’insécurité persiste ».