VIDEO. Meurtre de Sarah Halimi: «La justice doit faire toute la clarté» affirme Emmanuel Macron

JUSTICE Le président de la République s’est exprimé publiquement sur le meurtre de Sarah Halimi dimanche lors de la cérémonie de commémoration de la rafle du Vél d’Hiv'…

Claire Planchard

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Emmanuel Macron, lors de la cérémonie de commémoration de la rafle du Vel d'Hiv, le 16 juillet 2017 à Paris.

Emmanuel Macron, lors de la cérémonie de commémoration de la rafle du Vel d'Hiv, le 16 juillet 2017 à Paris. — Erez Lichtfeld/SIPA

Un fait divers très polémique. Le chef de l’État s’est publiquement exprimé dimanche au sujet de l’enquête sur le meurtre de Sarah Halimi (aussi appelée Lucie Attal), femme juive morte défenestrée en avril à son domicile du quartier de Belleville à Paris.

La qualification antisémite non retenue

Jeudi, l’annonce de la mise en examen du principal suspect, un voisin musulman, pour « homicide volontaire », plus de trois mois après ce meurtre, et sans que la qualification antisémite ne soit retenue, avait suscité de la « colère » dans la communauté juive.

Interrogé par l’AFP, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Francis Kalifat, avait notamment exprimé une « réaction de stupéfaction, d’incompréhension et bien sûr de colère » en apprenant que ce mobile n’était pas retenu. Dimanche, il a interpellé le président de la République à ce sujet en marge des commémorations de la rafle du Vél d’Hiv'.

Avocat du fils de Sarah Halimi, Me David-Olivier Kaminski voulait lui voir dans la mise en examen de Kobili Traoré « une première étape » alors que le dossier « était à l’arrêt ». « Il faut désormais que les juges et le parquet prennent leurs responsabilités pour que la dimension antisémite soit débattue au niveau judiciaire », avait-il indiqué à l’AFP.

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Une position apparemment partagée par Emmanuel Macron : «Malgré les dénégations du meurtrier, la justice doit faire désormais toute la clarté sur la mort de Sarah Halimi », a dit dimanche le chef de l’Etat lors de la cérémonie de commémoration de la rafle du Vél d’Hiv', sous les applaudissements.

En pleine nuit, Kobili Traoré, 27 ans, interné en psychiatrie depuis le meurtre, s’était introduit chez sa voisine du dessus en passant par l’appartement d’une famille d’amis. Aux cris d'« Allah Akbar », entrecoupés d’insultes et de versets du Coran, il l’avait rouée de coups sur le balcon, avant de la précipiter par la fenêtre dans la cour.

« Un jour, parce qu’on n’a pas voulu voir, le passage à l’acte intervient »

« Un jour, parce qu’on s’est tu, parce qu’on n’a pas voulu voir, le passage à l’acte intervient. Alors ce qui était des mots, ce qui n’était chez les uns que de la haine formulée différemment, et chez les autres une forme de lâcheté et une complaisance à ne pas vouloir voir, alors ça devient des vies fauchées et des gestes qui tuent », a affirmé Emmanuel Macron en évoquant l’antisémitisme.

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Le chef de l’Etat a énuméré les noms des victimes de meurtres et attentats antisémites ces dernières années : Ilan Halimi, tué par le gang des barbares, Jonathan Sandler et ses deux fils Aryeh et Gabriel, tués par Mohammed Merah, ainsi que les morts de l’attentat de l’ Hypercacher en janvier 2015 : Yohav Hattab, Yohan Cohen, Philippe Braham et François-Michel Saada.

Il a également cité les noms de Brahim Bouarram, un Marocain noyé dans la Seine par des militants d’extrême droite en 1995 et Jacques Hamel, prêtre catholique tué lors de l’attentat djihadiste de Saint-Etienne-du-Rouvray en juillet 2016.