Hommage à Nice: Submergé par l'émotion, Calogero ne peut finir sa chanson

ATTENTAT 22 h 34, un an plus tard. Un concert a été donné à quelques mètres du lieu de l’attentat pour rendre un vibrant hommage aux victimes…

Mathilde Ceilles

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Les familles des victimes lancent des ballons lors du concert en hommage à leurs proches décédés.

Les familles des victimes lancent des ballons lors du concert en hommage à leurs proches décédés. — Yann COATSALIOU / AFP

« On allait au feu d’artifice, voir ces étoiles de pas longtemps… » Le cœur se serre. Calogero au piano. Ce sont les familles des victimes elles-mêmes qui ont demandé que cette chanson soit jouée pour rendre hommage à leurs proches décédés pour quelques minutes d’émerveillement en bord de mer. Il est un peu plus de 22h30. La foule présente en grand nombre à ce concert hommage vient d’observer une minute de silence, un an exactement après que le camion fou ait fauché 86 vies sur la Promenade des Anglais, le 14 juillet 2016.

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La chanson est douce, calme. Souvenir de ces moments d’innocence que sont les feux d’artifice de l’enfance. Derrière, les violons de l’orchestre philharmonique de Nice portent le chanteur. Soudain, les larmes. Calogero réessaie. Il ne pourra pas. La tête entre les mains, près des touches de son clavier. Trop ému, l’artiste ne finira pas sa chanson. Bouleversé, le public se lève et l’acclame, longuement.

« Ça me rappelle tout »

Le moment touche en plein cœur Lionel. Il y a un an, lui aussi était là. Il a échappé de peu à ce camion. La chanson de Calogero le replonge soudainement dans cette soirée d’horreur. « Ça me rappelle tout, confie-t-il, les yeux embués. Les gens qui courent, qui crient. » "C’est un hommage magnifique, enchérit Hélène, visiblement émue. Très beau."

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Les familles des victimes sont là, tout près de l’artiste. Au son de l’orchestre, elles se lèvent un à un et se rassemblent autour d’un immense cœur. Chacune se saisit d’un des 86 ballons disposés là. Puis c’est le moment de lâcher les bulles blanches, pour rejoindre ceux qui sont aussi là-haut. Certains éclatent en sanglot. On se serre dans les bras, pour se soutenir. Et les têtes se lèvent, regardant les ballons disparaître peu à peu dans la nuit claire. C’était il y a un an.

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