VIDEO. Affaire Grégory: L'ex-juge Jean-Michel Lambert retrouvé mort chez lui

FAIT DIVERS Le juge d'instruction en charge de l'affaire dans les années 80 aurait été retrouvé avec un sac plastique sur la tête...

V.V. et P.B. avec AFP

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L'ancien juge Jean-Michel Lambert, en charge de l'affaire Grégory dans les années 80, a été retrouvé mort à son domicile le 11 juillet 2017 (photo de 2004).

L'ancien juge Jean-Michel Lambert, en charge de l'affaire Grégory dans les années 80, a été retrouvé mort à son domicile le 11 juillet 2017 (photo de 2004). — TRAVERS/SIPA

Il avait 32 ans à l’époque, et Jean-Michel Lambert occupait son premier poste de juge d’instruction à Epinal lorsqu’il est chargé de l’affaire Grégory. Mardi, l’ancien magistrat a été retrouvé mort à son domicile, dans la Sarthe, a appris 20 Minutes de source proche de l’enquête, confirmant une information du Parisien.

Selon nos sources, Jean-Michel Lambert aurait été retrouvé avec un sac plastique sur la tête. La police judiciaire d’Angers a été saisie et le parquet du Mans a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances de son décès.

Contacté à de multiples reprises ces dernières semaines par 20 Minutes, le juge Lambert ne souhaitait pas s’exprimer officiellement dans les médias mais il était très affecté par les rebondissements dans l’affaire, avec la mise en examen de trois personnes : Marcel et Jacqueline Jacob, grand-oncle et grand-tante de Grégory, pour « enlèvement » et « séquestration suivie de la mort de Grégory Villemin », et Murielle Bolle, la belle-sœur de Bernard Laroche, pour « l’enlèvement » du petit garçon.

« Catastrophé »

« Je suis catastrophé, c’est infiniment triste », a confié à l’AFP l’avocat des parents de Grégory Villemin, Me Thierry Moser. « Quelles que soient les causes de ce qui semble être un suicide, je n’ai aucune animosité envers lui. Je critique les conclusions qu’il a tirées de son instruction mais je ne critiquerai jamais l’homme », a-t-il ajouté.

Me Jean-Paul Teissonnière, l’avocat de Murielle Bolle, témoin-clé de l’affaire, s’est pour sa part dit « consterné » par le décès de l’ancien juge, qu’il comptait « faire citer comme témoin ». Sa disparition « va au moins compliquer, et peut-être rendre impossible la recherche de la vérité », a-t-il estimé auprès de l’AFP. Interrogé par l’AFP, l’avocat de la famille Laroche, Me Gérard Welzer, s’est quant à lui refusé à tout commentaire.

Dépassé par la pression médiatique

Jean-Michel Lambert avait été vivement critiqué pour sa gestion de l’affaire, alimentée de nombreuses fuites médiatiques et de mises en examen hâtives. D’abord suspecté, le cousin du père de l’enfant, Bernard Laroche, avait été remis en liberté tout en demeurant inculpé d’assassinat. Il avait été abattu d’un coup de fusil de chasse par Jean-Marie Villemin en mars 1985.

Interviewé en 2014, Jean-Michel Lambert confiait à 20 Minutes que la mort de Bernard Laroche le « torturait » encore aujourd’hui. Il avait d’ailleurs écrit un ouvrage dans lequel il réclamait une meilleure indemnisation pour les victimes d’erreurs judiciaires.