Rythmes scolaires: Quelles villes veulent revenir à la semaine de 4 jours? Quelles villes ne changent rien?

EDUCATION Promesse de campagne d’Emmanuel Macron, la réforme des rythmes scolaires est en marche depuis la fin juin. Mais quelles sont les agglomérations qui ont choisi de revenir à la semaine de 4 jours ?….

Floréal Hernandez

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Illustration école primaire.

Illustration école primaire. — A. GELEBART / 20 MINUTES

  • Nice, sous l’impulsion de Christian Estrosi, est l’une des premières villes à repasser à la semaine de 4 jours
  • Toulouse a toujours fait de la résistance à la semaine de 4 jours
  • Lille fait figure de cas particulier

Ce vendredi marque le début des vacances scolaires. Si vos enfants ne pensent qu’à enfiler leur maillot de bain, à sortir jouer au soleil ou à manger une glace, vous êtes peut-être hyper prévoyant et déjà en train de préparer la rentrée scolaire. Cartable, baby-sitter, etc. sont sur votre to do list. Mais savez-vous si votre ville va revenir à la semaine de 4 jours comme le gouvernement le permet ?

20 Minutes – grâce à ses dix locales – passe au tableau noir pour vous expliquer ce qu’il en est dans votre agglomération.

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On repasse à la semaine de 4 jours. Pour les petits Niçois, la mesure sera effective dès la rentrée. Foi de Christian Estrosi. La semaine de 4 jours est un cheval de bataille du maire LR : « Opposé depuis le début à la réforme des rythmes scolaires qui avait été mise en place sans concertation et imposée aux collectivités, je me suis toujours battu pour que notre ville puisse choisir librement l’organisation de son temps scolaire. Aujourd’hui, je suis heureux de vous annoncer que les conseils d’école sont favorables à 98 % pour un retour à la semaine de 4 jours ! » La décision doit être entérinée ce vendredi lors du Conseil départemental de l’Éducation nationale.

A Montpellier, on prend également le chemin de la semaine des quatre jours. Le maire divers gauche, Philippe Saurel, a annoncé le 22 juin dernier lors du conseil municipal que la ville allait tester le retour du dispositif sur deux groupes scolaires. « Nous nous donnons un an pour discuter avec les enseignants, les parents et le personnel afin d’affiner l’organisation du temps scolaire et de mettre en place un véritable projet pour les enfants. Cette réforme ne satisfait pas les parents, fatigue les enfants et éloigne les enseignants de leur cœur de métier. » Au terme de cette année test, il y a de fortes chances que les quatre jours soient de retour à Montpellier.

Dans le Rhône, des communes volontaires pour changer de rythme ont fait passer des délibérations à ce sujet lors des conseils municipaux, organisés en ce début du mois de juillet. Ainsi, à Oullins, Tassin, Mornant, Solaize ainsi que dans quelques petites communes du Rhône (Toussieu, Jons, Orliénas, Saint-Pierre-de-Chandieu), les écoles devraient rester fermées le mercredi à la rentrée.

L’académie de Bordeaux informe 20 Minutes qu’elle sera en mesure de communiquer les communes qui reviennent à la semaine de 4 jours qu’à la mi-juillet. On sait cependant que la municipalité du Bouscat, plus de 23.000 habitants, à manifester son intention de revenir sur la réforme des rythmes scolaires dès cette rentrée.

Il faudra patienter un an.  La mairie de Marseille attendait, elle aussi, avec impatience un nouveau décret pour revenir à la semaine de quatre jours. D’une part parce qu’elle a toujours été contre cette reforme, et d’autre part parce que c’est une demande des parents. Mais le décret tardant à venir – publié au Journal officiel le 28 juin – et devant l’obligation d’organiser rapidement la rentrée de 2017, la mairie de Marseille s’est résignée à repousser cette échéance. Le retour à la semaine de 4 jours ne se fera donc qu’à la rentrée 2018.

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La question se pose de revenir à 4 jours. Lyon et Villeurbanne ont indiqué dès le mois de juin qu’elles conserveraient les rythmes actuels, le retour à quatre jours étant très compliqué à organiser dans des délais si courts. La question n’est pas définitivement tranchée pour autant. En vue de la rentrée 2018-2019, de nombreuses municipalités du Rhône ont prévu d’organiser l’an prochain des consultations sur les rythmes scolaires auprès des enseignants et parents d’élèves.

Bordeaux et d’autres communes girondines – Pessac, Mérignac, Saint-Médard ou Gradignan – s’interrogent également à faire ou non machine arrière sur cette réforme. Mais elles ne l’envisagent pas avant la rentrée 2018/2019.

Pour ne pas impacter hâtivement les conditions pédagogiques d’enseignement, Strasbourg a décidé de ne pas toucher à la réforme des rythmes scolaires pour la rentrée. En revanche, la ville a précisé, dans un communiqué ce mercredi, qu’elle se donnait « le temps de la réflexion » pour 2018. Une concertation sera dans cette idée engagée dès septembre avec les enseignants et les parents d’élèves dans les conseils d’école strasbourgeois.

On aime les 4 jours et demi. Première commune à être passé à la réforme des rythmes scolaires en 2013, Paris n’a pas l’intention de revenir dessus. « Nous n’avons aucune raison de revenir sur une mesure qui est, à la fois bonne pour les apprentissages avec le passage à cinq matinées de travail, mais aussi pour la justice sociale en permettant aux enfants de tous les quartiers de suivre des ateliers sportifs, culturels, artistiques, de codage… », annonçait Alexandra Cordebard, adjointe aux affaires sociales à la mairie de Paris, au Parisien mi-juin.

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A Toulouse, aucun enfant n’a jamais expérimenté la semaine de 4 jours ! Et cela ne devrait pas arriver de sitôt. Le maire Jean-Luc Moudenc (LR), par ailleurs président de France Urbaine, a critiqué l’empressement du nouveau ministre de l’Education nationale à revenir sur la question des rythmes scolaires. Avec les autres maires des grandes villes de France, il a obtenu qu’aucune commune ne soit forcée de revenir à la semaine de 4 jours. Lorsqu’elle a été généralisée en 2008 dans toutes les écoles primaires de France, la Ville rose a fait de la résistance et demandé une dérogation qu’elle a obtenue pour rester à une semaine de neuf demi-journées, avec des cours le mercredi matin. Un dispositif qui fonctionne bien car depuis plusieurs années l’ensemble des écoles est doté d’un centre de loisirs associé à l’école, gestionnaire du périscolaire. Un système plébiscité par les parents qui s’étaient massivement prononcés pour le maintien à 4,5 jours en 2011 : Les conseils d’école toulousains avaient voté à 95 % pour son maintien.

A Nantes, pas question de revenir sur la réforme des rythmes scolaires. « Le but de la réforme est que les enfants soient plus réceptifs, il y a eu beaucoup de travail de tous, et notamment des familles pour que ça fonctionne. Je n’ai aucune envie de leur compliquer la vie en rechangeant les règles du jeu », indique Johanna Rolland, la maire (PS) de Nantes. La semaine de 4 jours et demi est donc maintenue. Par contre, le périscolaire est modifié : Si, à partir du 4 septembre, on pourra toujours venir chercher son enfant à 16h30 (juste après la classe), les portes seront ensuite fermées aux parents pendant une heure. « L’objectif est d’améliorer les conditions d’accueil des enfants ainsi que la qualité des activités éducatives et l’aide au devoir, qui nécessitent du temps et du calme », explique la ville. Les plus grands qui étaient autorisés à rentrer chez eux tout seuls devront eux aussi attendre 17h30 pour quitter les lieux.

Les écoliers rennais ont pris l’habitude de travailler quatre jours et demi depuis septembre 2014. Il en sera de même à la prochaine rentrée, la ville de Rennes ayant choisi d’inscrire sa démarche « dans la continuité, la durée et la cohérence ». « Il ne faut pas détricoter cette réforme qui commence à porter ses fruits au préjudice des enfants », estime Lenaïg Briero, adjointe en charge de l’éducation. Selon elle, cette réforme a été bénéfique sur plusieurs points. « L’apprentissage est tout d’abord facilité le matin avec une meilleure attention des enfants. Beaucoup d’enfants, et notamment ceux des quartiers prioritaires, ont aujourd’hui accès, grâce à cette réforme, à des activités sportives, artistiques et culturelles », souligne-t-elle.

A Lille, on va à l’école le samedi matin (mais ça grogne).  Le choix du samedi matin comme 9e demi-journée avait été remis en cause, avant la réforme, par les comités de parents d’élèves. La ville de Lille a demandé le maintien du samedi matin pour une année supplémentaire en attendant les résultats d’une évaluation locale sur les rythmes scolaires. En revanche, elle n’avait pas demandé de dérogation supplémentaire pour maintenir le samedi.

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A la rentrée, un comité de préparation va se mettre en place pour élaborer la rentrée 2018. La ville « regrette le flou qui entoure la remise en cause des nouvelles activités périscolaires » dans lesquelles Lille investit 3 millions chaque année.