Carrefour: Suicide d'une employée, la famille porte plainte pour homicide involontaire

JUSTICE Mère d'un enfant, l'employée a expliqué son suicide dans une lettre, évoquant des « pressions » de sa hiérarchie...

20 Minutes avec agences

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La famille d'une hôtesse qui s'est suicidée le 3 avril dernier porte plainte contre Carrefour (illustration).

La famille d'une hôtesse qui s'est suicidée le 3 avril dernier porte plainte contre Carrefour (illustration). — JACQUES DEMARTHON AFP

La famille de Viviane Monier a annoncé jeudi, lors d’une conférence de presse, qu’elle portait plainte contre Carrefour pour « homicide involontaire ».

L’hôtesse de 46 ans, salariée depuis 27 ans à l’hypermarché de Thiers (Puy-de-Dôme), a mis fin à ses jours le 3 avril dernier. Mère d’un enfant, l’employée a expliqué son suicide dans un courrier, évoquant des « pressions » de sa hiérarchie.

Elle met en cause son responsable hiérarchique dans une lettre

Lionel, Le frère de la victime, a découvert le corps inanimé de sa sœur il y a trois mois : « A aucun moment, je ne me suis douté qu’elle allait en arriver là. On est tous très surpris d’autant plus que Viviane était une battante », a-t-il confié, selon des propos rapportés par France Bleu.

Dans sa lettre, la victime « pointe très concrètement ses conditions de travail pour expliquer son geste et cite nommément son responsable hiérarchique », précise l’avocate de la famille, Me Clémence Marcelot.

 

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« On va dénoncer les faits auprès du procureur de la République et verser un certain nombre d’éléments au dossier. A charge ensuite au procureur de diligenter une enquête pénale, faire la lumière sur les circonstances du décès et dans un second temps d’identifier les responsables éventuels et de les poursuivre devant la justice », a ajouté l’avocate.

La famille veut que Carrefour assume sa responsabilité dans ce décès. Une autre procédure sera d’ailleurs lancée devant le tribunal des affaires de sécurité sociale afin de faire reconnaître « la faute inexcusable » de l’employeur.

Les syndicats avaient alerté « sur la situation de ce magasin »

Le délégué syndical CGT du Puy-de-Dôme, Dominique Holle, indique avoir alerté à plusieurs reprises « sur la situation de ce magasin ». Il parle de salariés « en situation d’extrême souffrance » faisant face à une « baisse des effectifs » et à « une surcharge de travail ».

De son côté, l’enseigne de grande distribution, qui avait contesté en justice une demande d’expertise du CHSCT, s’est déclarée attristée par le décès de sa collaboratrice, selon un porte-parole du groupe, et rappelle qu’elle est très vigilante sur les conditions de travail de ses salariés.