Affaire Grégory: Maintenir Marcel Jacob en détention serait «totalement anormal», selon son avocat

JUSTICE La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon statue ce mardi sur le sort du grand-oncle du petit Grégory...

20 Minutes avec AFP

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Aumontzey (Vosges), le 15 juin 2017. Marcel et Jacqueline Jacob ont été interpellés, mercredi, dans leur maison.

Aumontzey (Vosges), le 15 juin 2017. Marcel et Jacqueline Jacob ont été interpellés, mercredi, dans leur maison. — Patrick HERTZOG / AFP

Il prend les devants. L’avocat de Marcel Jacob, Me Stéphane Giuranna, a jugé lundi qu’il serait « totalement anormal » que son client reste en détention provisoire, alors que la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Dijon statue mardi sur le sort du grand-oncle du petit Grégory, écroué vendredi.

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« Je n’ose imaginer que M. Marcel Jacob soit placé en détention en l’état de cette affaire. Ce serait je pense totalement anormal », a-t-il déclaré a la presse, ajoutant avoir « travaillé de concert » avec Gary Lagardette l’avocat de Jacqueline, la femme de son client, elle aussi en détention provisoire.

Infographie sur la famille Villemin.
Infographie sur la famille Villemin. - LAURENCE SAUBADU, VINCENT LEFAI / AFP

L’affaire relancée

Le couple de septuagénaires a été mis en examen vendredi pour enlèvement et séquestration suivis de mort. Leur arrestation surprise la semaine dernière dans les Vosges avait relancé l’affaire, jamais élucidée depuis la découverte du garçon de quatre ans, pieds et poings liés dans les eaux de la Vologne, le 16 octobre 1984.

« A l’heure actuelle je ne sais toujours pas ce sur quoi se base l’accusation pour l’avoir mis en examen », dit Me Giuranna. « Mon client a toujours indiqué que le 16 octobre 84, il travaillait l’après-midi de 13h à 21h. (…) Il ne peut donc matériellement en aucun cas avoir participé de près ou de loin à l’assassinat de Grégory Villemin. » « A priori, ils n’étaient pas disponibles à l’heure du crime mais l’éventualité d’une absence momentanée de leur lieu de travail ne saurait être exclue », indique encore le dossier judiciaire.

L’avocat est aussi revenu sur une altercation qui aurait eu lieu en 1982 entre Marcel Jacob, ouvrier, et Jean-Marie Villemin, le père de Grégory, qui venait d’être promu contremaître, le premier disant au second : « Je ne serre pas la main à un chef. Tu n’es qu’un rampant qui n’a pas de poils sur la poitrine ».

« C’est un homme qui a 72 ans, qui n’avait jamais été détenu »

Marcel Jacob « était au moment des faits délégué du personnel, syndicaliste CGT, extrêmement pro ouvrier (…) et effectivement il avait pour habitude d’être dans l’opposition à la hiérarchie », dit l’avocat. « Ça n’est en tout état de cause pas un mobile pour assassiner un petit garçon, c’est délirant. »

« Il supporte mal la détention, c’est un homme qui a 72 ans, qui n’avait jamais été détenu », mais « il est vraiment combatif et il a décidé de contester pied à pied, lettre à lettre, l’accusation qui lui est faite », a ajouté l’avocat.