VIDEO. Affaire Grégory: Marcel et Jacqueline Jacob nient les faits reprochés mais ils n’ont pas d’alibi solide

JUSTICE Grand-oncle et grand-tante du petit Grégory, les deux septuagénaires ont été mis en examen, ce vendredi, pour « séquestration » suivie de mort et tous les deux placés en détention…

Vincent Vantighem

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Christine et Jean-Marie Villemin, les parents du petit Grégory,  pleurent devant son cercueil lors de ses obsèques le 20 octobre 1984 à Lépanges-sur-Vologne.

Christine et Jean-Marie Villemin, les parents du petit Grégory, pleurent devant son cercueil lors de ses obsèques le 20 octobre 1984 à Lépanges-sur-Vologne. — JEAN-CLAUDE DELMAS

  • Le petit Grégory a été retrouvé mort le 16 octobre 1984.
  • Cinq membres de sa famille ont été interpellés mercredi.
  • Son grand-oncle et sa grand-tante sont accusés de l’avoir séquestré avant sa mort.

Le temps qui passe n’efface pas tout. Mardi soir, dans sa maison violette d’Aumontzey (Vosges), Marcel Jacob fêtait, avec son épouse Jacqueline, ses 72 ans. Ce vendredi, voilà le couple rattrapé par l’affaire Grégory, du nom de leur petit-neveu retrouvé mort dans la Vologne quand ils avaient à peine 40 ans.

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Grand-oncle et grand-tante du garçonnet dont le visage est connu de toute la France, les Jacob ont été mis en examen pour « enlèvement » et « séquestration suivie de la mort de Grégory Villemin », a confirmé, ce vendredi après-midi, Jean-Jacques Bosc, le procureur général de Dijon (Côte d’Or). Ils ont été placés en détention provisoire dans deux établissements pénitentiaires différents de Bourgogne pour éviter qu’ils ne se concertent.

Un lien entre les lettres anonymes, les appels du corbeau et l’enlèvement

Face aux enquêteurs depuis mercredi, Jacqueline Jacob a invoqué son droit au silence. Marcel, son époux, a lui répondu aux questions. Pour nier l’intégralité des faits qui leur sont reprochés. « Je ne peux pas vous dire qui a tué Grégory Villemin, a donc indiqué Jean-Jacques Bosc. Mais il y a un certain nombre de présomptions de la participation [des Jacob] à son enlèvement. »

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En rouvrant le dossier, les enquêteurs ont, en effet, acquis plusieurs certitudes. Jacqueline Jacob est bien l’auteure d’une lettre anonyme datée de 1983. Certains termes employés dans la lettre l’ont été également par le « corbeau » qui passait des appels anonymes aux parents du petit. Et donc tout cela forme « un lien indissociable » menant à « l’enlèvement de l’enfant. »

Copie de la lettre reçue par les Villemin le lendemain de la mort de Grégory.
Copie de la lettre reçue par les Villemin le lendemain de la mort de Grégory. - DR

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Les auteurs de l’enlèvement sont « les auteurs du crime »

Plus de 32 ans après, le macabre scénario se dessine peu à peu. « A l’évidence, Grégory a été enlevé au domicile de ses parents et retenu un certain temps jusqu’à sa mort, a poursuivi le procureur général, ajoutant que les personnes qui ont participé à cet enlèvement sont « les auteurs du crime » car « il n’y aurait pas eu d’assassinat sans enlèvement ».

Un scénario renforcé aux yeux des enquêteurs par le fait que Jacqueline et Marcel Jacob ont un alibi qui n’a jamais été ni « confirmé », ni « étayé ». Dans leur tâche, les Jacob auraient été aidés par Bernard Laroche. Abattu en 1985 par Jean-Marie Villemin, son cousin, qui était persuadé de sa culpabilité, cet homme avait été mis en cause par la justice avant d’être blanchi.

« Bernard Laroche est mort. L’action publique à son sujet est éteinte. Il ne peut plus être impliqué. Mais ce que l’on sait, c’est qu’il aurait participé à l’enlèvement de Grégory », a également affirmé le procureur général dans une formule alambiquée de certitudes et de conditionnel.

Portrait du petit Grégory Villemin, 4 ans, dont le corps est découvert dans la Vologne le 16 octobre 1984.
Portrait du petit Grégory Villemin, 4 ans, dont le corps est découvert dans la Vologne le 16 octobre 1984. - AFP

Aucune promesse du côté des gendarmes

En conclusion, le procureur général a reconnu qu’il ne pouvait pas dire « qui a tué Grégory ». « Je ne peux pas vous promettre que l’on va déboucher », a abondé, de son côté, Dominique Lambert, le patron de la section de recherches des gendarmes Dijon. Mais les investigations et les auditions devraient se poursuivre dans les prochains jours et semaines.

Trente-deux ans après les faits, la tâche des enquêteurs ne sera pas aisée. Confrontés à des mis en cause qui nient les faits, ils devront aussi désormais batailler avec leurs avocats qui ont indiqué, dès ce vendredi, qu’ils allaient contester les mises en examen « criminelles » de leurs clients.