Affaire Grégory: Marcel Jacob pourrait être mis en examen pour «séquestration»

JUSTICE Le parquet général de Dijon (Côte d'Or) a requis la mise en examen du grand-oncle de Grégory ainsi que son placement en détention provisoire pour quatre jours...

C.P. avec AFP

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Portrait du petit Grégory Villemin, 4 ans, dont le corps est découvert dans la Vologne le 16 octobre 1984

Portrait du petit Grégory Villemin, 4 ans, dont le corps est découvert dans la Vologne le 16 octobre 1984 — Marcel Mochet AFP

  • Le petit Grégory, 4 ans, a été assassiné en 1984.
  • Son grand-oncle et sa grand-tante vont être présentés à un juge ce vendredi.
  • Le grand-oncle Marcel est accusé d'avoir «séquestré» le garçonnet.

 

Au volant de sa voiture, Stéphane Giuranna fonce, ce vendredi après-midi, vers la cour d'appel de Dijon (Côte d'Or). Mais il ne comprend toujours pas ce qui est en train d'arriver à son client, Marcel Jacob. Grand-oncle du petit Grégory, cet homme de 72 ans doit être présenté, dans les prochaines minutes, au juge chargé d'instruire l'enquête sur l'assassinat du garçonnet de 4 ans, commis en 1984, dans les Vosges. Après 48 heures de garde à vue, le parquet général de Dijon aurait requis sa mise en examen pour « séquestration » ainsi que son placement en détention provisoire pour une durée de quatre jours.

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« Je ne comprends pas. Il y a un ''loup'', assure Stéphane Giuranna à 20 Minutes, juste avant de rejoindre son client. Le parquet général reproche à Marcel Jacob, le 16 octobre 1984, la « séquestration » de Grégory.  Séquestration qui a été suivie de la mort de l'enfant. » Contacté par 20 Minutes, Jean-Jacques Bosc, le procureur général de Dijon n'a « ni confirmé, ni infirmé » la tenue de ses réquisitions.

Pourquoi quatre jours de détention provisoire

Le parquet général de Dijon a, en revanche, indiqué que le procureur donnerait une conférence de presse, ce vendredi à 16h. Il devrait donc s'expliquer sur la durée de quatre jours de détention provisoire qu'il souhaiterait faire subir à Marcel Jacob. « Quatre jours de détention provisoire. Je n'ai jamais vu ça ! Je ne sais pas à quoi ça correspond, s'emporte encore Stéphane Giuranna. Soit on le place en détention, soit on le laisse en liberté. Mais pourquoi quatre jours ?»

Aumontzey (Vosges), le 15 juin 2017. Marcel et Jacqueline Jacob ont été interpellés, mercredi, dans leur maison.
Aumontzey (Vosges), le 15 juin 2017. Marcel et Jacqueline Jacob ont été interpellés, mercredi, dans leur maison. - Patrick HERTZOG / AFP

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Difficile en effet de comprendre une telle demande du parquet si elle est avérée. Est-ce parce que les enquêteurs souhaitent réinterroger Marcel Jacob très rapidement ? « Je ne vois pas bien comment, poursuit Stéphane Giuranna. Je vous rappelle que l'avocat doit être présent pour les interrogatoires et je ne suis pas disponible dans les quatre prochains jours. » Autre piste d'explication, les enquêteurs souhaitent peut-être maintenir le vieil oncle de Grégory en détention, le temps de recevoir les résultats d'expertises qui auraient été ordonnées sur des scellés.

« Je ne serre pas la main à un chef »

Selon les informations de BFM TV, les enquêteurs ont, en effet, saisi plusieurs écrits lors de la perquisition chez Marcel et Jacqueline Jacob. Notamment un testament rédigé par Marcel Jacob dont lequel il affirme qu'il n'est pas l'assassin du petit Grégory.

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Agé aujourd'hui de 72 ans, cet homme vouait une véritable haine à Jean-Marie Villemin, le père de Grégory à qui il reprochait notamment son statut de contremaître. «Je ne serre pas la main à un chef», lui aurait-il ainsi asséné quelques temps avant l'assassinat du garçonnet.