SNCF: Bientôt un TGV sans conducteur?

AUTOMATISATION Le TGV totalement autonome n’est pas pour demain, mais la SNCF y travaille et prévoit plusieurs étapes dans les prochaines années pour y arriver…

D. D. avec AFP

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Lille, le 15 mai 2017 - TGV SNCF en gare de Lille Flandres

Lille, le 15 mai 2017 - TGV SNCF en gare de Lille Flandres — Olivier Aballain / 20 Minutes

Le TGV ambitionne de devenir le premier train à grande vitesse au monde à circuler de manière autonome. Une révolution dans le milieu ferroviaire car la conduite totalement automatisée « n’existe pas dans le monde des trains à grande vitesse », explique Mathieu Chabanel, directeur général adjoint de SNCF Réseau. Contrairement aux métros automatiques, les trains circulent sur des voies qui ne sont pas closes, rendant cette technologie plus complexe à mettre en place, notamment du fait de possibles intrusions, ou d’une dose de freinage à adapter à la météo.

Néanmoins, une première expérimentation de train de fret « drone », c’est-à-dire un train de fret sans conducteur va être menée. Les manœuvres des trains de fret et des TER, depuis et vers les centres de maintenance par exemple, pourront être partiellement automatisées.

Prêts à rouler dans un TGV sans conducteur ?

Si progressivement, depuis 1983, avec l’ouverture à Lille de la première ligne de métro entièrement automatisée, les voyageurs ont pris l’habitude de circuler à plus de 50 km/h sans conducteur, avec le TGV il s’agit de réaliser la même prouesse à plus de 320 km/h en milieu ouvert. La SNCF espère parvenir à ce saut technologique à l’horizon 2022-2023. Le prototype de TGV autonome sera pourvu d’un conducteur capable de reprendre la main en cas de difficulté.

En plus du risque de piratage il faut ajouter la problématique de l’acceptation des voyageurs. Car circuler à très grande vitesse sans personne aux commandes, ce n’est pas comme « deux stations de métro qui sont séparées d’environ 500 m, les gares ferroviaires sont souvent distantes de plusieurs dizaines de kilomètres. On imagine mal laisser les voyageurs entièrement livrés à eux-mêmes, indique Alain Krakovitch, directeur général de SNCF Transilien. Si un jour le TGV est entièrement automatisé, il y aura forcément un personnel à bord pour intervenir en cas de problème et procéder, si besoin, à une évacuation du train en toute sécurité. »

Une partie du RER E sera automatisée

Cette automatisation va en outre continuer à être implémentée dans le réseau ferroviaire régional. Le prolongement vers l’ouest parisien du RER E sera semi-autonome entre Nanterre et Rosa-Parks (19e arrondissement de Paris). « Il s’agira du premier système autorisé à faire de l’automatisme sur le réseau ferré national », a précisé Alain Krakovitch. L’automatisme, baptisé Nexteo, gère les accélérations et freinages, tandis que le conducteur ferme les portes et traite les éventuels aléas. Ainsi, un train pourra passer toutes les 108 secondes, au lieu de 180 secondes actuellement.

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