VIDEO. Affaire Grégory: Jean-Marie Villemin, le père du petit Grégory, reçu par le juge d'instruction

JUSTICE Trente-deux ans après les faits, trois membres de la famille Villemin ont été arrêtés dans le cadre de l’enquête menée sur la mort du petit Grégory…

Vincent Vantighem

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C'est dans la Vologne, une rivière des Vosges, que le corps du petit Grégory, 4 ans, a été découvert en 1984.

C'est dans la Vologne, une rivière des Vosges, que le corps du petit Grégory, 4 ans, a été découvert en 1984. — Patrick HERTZOG / AFP

  • Trente-deux ans après la mort du petit Grégory, trois personnes ont été interpellées mercredi.
  • Leurs gardes à vue ont été prolongées ce jeudi matin.
  • Elles font toutes partie du cercle familial du garçonnet de 4 ans, mort en 1984.

Ils n’ont pas encore répondu à toutes les questions. Selon nos informations, les gardes à vue des trois membres de la famille Villemin, menées dans le cadre de l’enquête sur la mort du petit Grégory, ont été prolongées ce jeudi matin. Interpellées mercredi matin dans les Vosges, ces trois personnes ont été conduites à Dijon (Côte d’Or) où cette rocambolesque affaire est toujours instruite, trente-deux ans après les faits.

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« Très proches du cœur de l’affaire », selon les termes du parquet général de Dijon, ces trois personnes font toutes partie du cercle familial proche du garçonnet découvert mort, les pieds et les poings liés, dans la rivière Vologne, le 16 octobre 1984. Il s’agit de Marcel Jacob, l’oncle de Jean-Marie Villemin (le père de Grégory), de sa femme Jacqueline Jacob ainsi que d’une belle-sœur de Jean-Marie Villemin, Ginette Villemin. Commencées mercredi matin, ces gardes à vue peuvent, juridiquement, se poursuivre jusqu’à vendredi.

En parallèle, Jean-Marie Villemin, le père du petit Grégory, a été, de son côté, reçu par le juge d’instruction, ce jeudi matin, pour faire le point sur le dossier. Tout comme son épouse, Christine, « ils sont aujourd’hui dans l’espérance de savoir enfin qui a tué leur fils », confie Marie-Christine Chastant-Morand, l’une de leurs avocates, à 20 Minutes.

Des questions sur l’identité du mystérieux « corbeau »

Trente-deux ans après les faits, les gendarmes ne sont pas allés interpeller ces vieilles connaissances du dossier par hasard. « Il y a un faisceau de plusieurs indices qui amène à leur poser des questions précises », indique ainsi une source proche de l’enquête. Sans doute des questions sur l’identité du mystérieux « corbeau » qui, quelques heures avant la découverte du corps, avait annoncé par téléphone qu’il était mort.

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Avant de déclencher ces interpellations, les gendarmes ont effectué un travail minutieux de remise à plat de tout le dossier. « Ce dossier a été décortiqué par des gens qui ont la tête froide et n’avaient pas le nez dans le guidon, poursuit notre source. Ils ont repris tous les éléments un par un… »

Un logiciel « Anacrime » et des comparaisons d’écriture

Et pour cela, ils se sont appuyés sur un logiciel bien particulier. Baptisé « Anacrime », il permet aux enquêteurs de replacer, dans le temps et dans l’espace, tous les protagonistes d’une affaire. « Cela peut conduire à relever des incohérences dans les déclarations des uns et des autres », indique une source proche du dossier.

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Les progrès de la science, notamment sur les écritures, auraient également apporté un peu d’eau au moulin des enquêteurs. On se souvient que le mystérieux « corbeau » avait envoyé un courrier aux parents pour revendiquer l’assassinat. « J’espère que tu mourras de chagrin, chef… », disait-il alors à Jean-Marie Villemin, le père de Grégory.

« Des comparaisons d’écriture, menées au regard des évolutions les plus récentes dans la discipline ont été effectuées sur certains documents offrant un intérêt plus marqué », confirmait, mercredi, le parquet général de Dijon dans un communiqué. Contacté ce jeudi matin par 20 Minutes, il n’a pas souhaité donner plus d’éléments sur les gardes à vue en cours tout en indiquant qu’une conférence de presse aurait lieu à 16h, ce jeudi.