VIDEO. Affaire Grégory: Trois membres de la famille Villemin en garde à vue 32 ans après les faits

JUSTICE Trois membres de la famille du petit Grégory Villemin ont été interpellés et placés en garde à vue, ce mercredi matin, 32 ans après la mort du garçonnet...

Caroline Politi et Vincent Vantighem

— 

L'affaire du petit Grégory, trente-deux ans après

L'affaire du petit Grégory, trente-deux ans après — 20 minutes - Slideshow

  • Des proches de Grégory Villemin sont actuellement entendus sous le régime de la garde à vue à Dijon.
  • Ces interpellations font suite à un réexamen complet du dossier.
  • 32 ans après la mort du garçonnet, l'enquête est allée d'impasse en impasse. 

Un tournant dans l’enquête sur la mort du petit Grégory Villemin, 32 ans après les faits ? Trois membres de la famille Villemin ont été placés en garde à vue pour « complicité d’assassinat », « non-dénonciation de crime », « non-assistance à personne en danger » et « abstention volontaire d’empêcher un crime », a-t-on appris ce mercredi. Selon nos informations, il s’agirait de Marcel Jacob, l’oncle de Jean-Marie Villemin (le père de Grégory), de sa femme Jacqueline Jacob ainsi que d’une belle-sœur de Jean-Marie Villemin, Ginette Villemin.

>> Affaire Grégory: Pourquoi l'enquête a-t-elle été rouverte ?

Tous septuagénaires, ils ont été interpellés ce mercredi matin à Aumontzey et Arches, deux villages des Vosges, par les gendarmes de la section de recherche avant d’être conduits à Dijon (Côte d’Or) où l’enquête est instruite. La grand-mère du garçonnet, plus âgée, est, elle, entendue en qualité de simple témoin, en raison de son état de santé. Son mari, Albert, est lui aussi interrogé sans que l’on sache précisément sous quel régime.

Retrouvé pieds et poings liés dans la Vologne 

Ce n’est pas la première fois que les proches du garçonnet, retrouvé noyé, pieds et poings liés, dans la Vologne le 16 octobre 1984, sont entendus dans cette affaire. « Il s’agit de nouvelles vérifications comme il y en a régulièrement dans les Cold case », indique une source proche du dossier qui appelle à « la plus grande prudence ». 

Contacté par 20 Minutes, le parquet général de Dijon assure, lui, dans un communiqué, que « ces interpellations ont pour but d’éclaircir certains points et d’apporter des réponses à des questions posées, parfois de longue date, par des zones d’ombre de la procédure. » Et de préciser que ces arrestations ont été déclenchées après que les gendarmes ont repassé le volumineux dossier au crible afin de « reconstituer très précisément (…) la chronologie des jours précédents et suivant la commission du crime ».

>> Affaire Grégory: En quoi consistaient les analyses ADN ? 

Quel que soit l'issue de la garde à vue, les parents de la jeune victime ont salué, par la voix d'une de leurs avocates, Me Marie-Christine Chastant-Morand, le travail des gendarmes et du parquet général. «Ils sont dans l'espérance de savoir enfin qui a assassiné leur fils», a-t-elle assuré. 

Le mystérieux « corbeau » jamais identifié 

Souvent considérée comme la plus grande énigme criminelle française, l’affaire Grégory avait été relancée en 2008 quand les parents du garçonnet, Jean-Marie et Christine Villemin, avaient réclamé de nouvelles expertises ADN à la justice. Il s’agissait alors de se servir des progrès de la science pour tenter de retrouver des empreintes génétiques sur les pièces à conviction (vêtements, cordelettes…) conservées depuis 1984. Le parquet général de Dijon avait alors accédé à la requête des parents Villemin mais les analyses n’avaient rien donné.

>> De Grégory au Zodiac: Retour sur les affaires de « corbeaux »

Âgé de 4 ans, Grégory avait été découvert mort, vers 21 h 15, le 16 octobre 1984, contre un barrage de la Vologne, les pieds et poings liés sur le ventre à l’aide d’une cordelette. Un mystérieux « corbeau » s’était manifesté au téléphone quelques heures auparavant auprès du frère de Jean-Marie Villemin pour revendiquer le crime. Les parents avaient, dès le lendemain, reçu une lettre émanant vraisemblablement de ce même « corbeau » qui n’a jamais été identifié. « J’espère que tu mourras de chagrin, le chef… », indiquait notamment cette lettre, à l’attention du père du petit Grégory.

Très rapidement, Bernard Laroche, un membre de la famille, a fait figure de premier suspect. Mis en examen, il avait été écroué avant d’être finalement remis en liberté en février 1985. Un mois après sa sortie de prison, il avait été abattu par Jean-Marie Villemin devant chez lui. C’est ensuite Christine, la mère, qui a été soupçonnée d’avoir tué son propre fils avant d’être blanchie pour « absence totale de charges » le 3 février 1993.

>> A lire aussi : Grégory, Raddad, Dupont de Ligonnès... Les énigmes criminelles qui fascinent