Le pneumologue payé par Total et dénoncé par le Sénat pour «témoignage mensonger» devant la justice

PROCES Michel Aubier avait bénéficié de larges rémunérations de la part du groupe pétrolier…

20 Minutes avec AFP

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Illustration de l'hôpital de Bichat à Paris (18e), le 6 août 2014.

Illustration de l'hôpital de Bichat à Paris (18e), le 6 août 2014. — FRED DUFOUR / AFP

  • Le médecin est accusé d’avoir menti aux sénateurs
  • Il n’avait pas indiqué qu’il était rémunéré par Total

 

C’est un « oubli » qui pourrait lui coûter très cher. Michel Aubier, ancien chef du service de pneumologie à l’hôpital Bichat de Paris, se retrouve ce mercredi devant le tribunal correctionnel. Le 16 avril 2015, à l’occasion d’une audition au Sénat sur le « coût économique et financier de la pollution de l’air », il avait affirmé qu’il n’avait aucun lien avec des « acteurs économiques » après avoir juré de dire « toute la vérité, rien que la vérité ».

Problème : plusieurs journaux, dont Libération et le Canard enchaîné, révélaient après coup que le spécialiste était rémunéré par Total depuis la fin des années 1990, à raison de 50.000 à 60.000 euros annuels pour une activité de « médecin-conseil ». Ce lundi, le Monde affirme même que le professeur aurait perçu « jusqu’à 171.504 euros du groupe pétrolier en 2014 ».

« Discours alarmistes »

Après les premières révélations, Michel Aubier avait changé sa version des faits. En mars 2016, devant une commission à huis clos du Sénat, il avait reconnu être payé par le géant pétrolier. Fait inédit, le Sénat avait alors décidé de le poursuivre pour « témoignage mensonger ». Le médecin risque cinq ans de prison et 75.000 euros d’amende.

Le 1er mars 2016, lors de sa participation à l’émission « Allô Docteur » sur France 5, il avait minimisé l’importance de la pollution atmosphérique dans le développement des cancers. Interrogé par Libération suite à ces déclarations, Michel Aubier avait affirmé qu’il fallait faire « extrêmement attention aux discours alarmistes ».

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Interrogé par l’AFP, son avocat François Saint-Pierre a indiqué qu’il allait plaider la relaxe ce mercredi : « Il n’y avait pas de conflit d’intérêts entre son intervention au Sénat et ses fonctions de médecin du travail chez Total, il n’était pas impliqué dans la production industrielle. » affirme-t-il.