Redoublement: «Parfois les enseignants se plantent sur les raisons d'une mauvaise année scolaire…»

VOUS TEMOIGNEZ Nos internautes n'ont pas tous le même ressenti quant à leur expérience du redoublement à l'école...

Tristan Lescot

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Le nouveau ministre de l'Éducation nationale favorable au redoublement

Le nouveau ministre de l'Éducation nationale favorable au redoublement — TRISTAN REYNAUD/SIPA

  • Le nouveau ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, souhaite réintroduire le redoublement dès la rentrée 2017-2018
  • Il  juge «absurde» son interdiction

Le redoublement, c’est maintenant ! Alors que Najat Vallaud-Belkacem, la précédente ministre de l’Éducation nationale avait pris un décret, en 2014, sur le « caractère exceptionnel du redoublement » son successeur, Jean-Michel Blanquer est bien décidé à revenir sur cette mesure. Selon lui « il y a quelque chose d’absurde à laisser passer de classe en classe des élèves accumulant des retards ». Résultat, dès la rentrée scolaire 2017-2018, le redoublement devrait à nouveau être autorisé. Quelles conséquences sur le cursus des élèves ? Cet infléchissement sera-t-il bénéfique aux premiers concernés ou à l’inverse, constituera-t-il une perte de temps ralentissant le cours de leur cursus ?  Interrogés via notre page Facebook, nos internautes qui ont vécu l’expérience du redoublement, n’ont pas tous le même ressenti.

« Je l’ai très mal vécu »

Céline se souvient l’avoir « très mal vécu » et avertit : « Parfois les enseignants se plantent sur les raisons d une mauvaise année scolaire… et ne connaissent pas les élèves aussi bien qu’ils le prétendent ». Même ressenti chez Juju: « Le redoublement peut être redoutable si le problème n'est pas scolaire mais familial ». Se voir coller l’étiquette du cancre redoublant reste stigmatisant et n’aide pas forcément à la motivation. L’élève en rattrapage peut avoir des difficultés à affronter le regard de ses camarades.

Christine a également l’impression d’avoir perdu une année inutilement. Très mauvaise en mathématiques et surtout, détestant cette matière, elle n’a pas progressé d’un iota. Seule petite éclaircie dans la déprime ? Elle a été « plus sérieuse dans les autres matières ».

« Le redoublement est une seconde chance »

Indiana ne partage pas cette perspective. Au contraire, elle se demande comment elle aurait pu faire sans le redoublement : « Si je n’avais pas redoublé je me serais probablement planté plus tard. » Elle a une vision très précise de l’utilité de cette année supplémentaire le plus souvent redoutée : « Le redoublement évite d’accumuler les lacunes. Si une notion n’est pas acquise, on ne peut pas l’approfondir ! Donc oui le redoublement est une chance et non une sanction. »

Une note positive partagée par Daphné qui, en redoublant sa troisième, a retrouvé maturité et confiance en elle. Encore mieux, cette étape lui a permis, l’année suivante, de ne pas se retrouver avec un professeur qu’elle souhaitait à tout prix éviter.

Mettre l’élève au centre de toutes les préoccupations

Cynthia a redoublé sa seconde et elle effectue actuellement sa deuxième terminale. Elle ne regrette pas : « Ça m’aide à comprendre des choses que je n’aurai éventuellement pas comprises. Le redoublement, s’il est bien fait (dans le sens où l’élève travaille beaucoup plus et se donne les moyens) est bénéfique. »

Stéphanie parle, elle, de l’autre côté de la barrière. En tant qu’enseignante, elle sait à quel point le redoublement peut être vécu comme un drame ou une sanction. Ses préconisations ? « Accepter un rythme différent, un besoin d’apprentissage plus long, sans performance immédiate, temps qui à la fois tient compte de l’expérience de l’élève (quelles que soient les causes du redoublement) face à une réalité : un marché du travail qui requiert des résultats, dans un temps imparti. ». Une méthode qui aurait convenu à Elodie « J'ai redoublé ma seconde, la deuxième plus catastrophique que la première. Je ne pense pas que le redoublement soit la solution mais plutôt accompagner l'élève dans ses difficultés et ne pas privilégier ceux qui ont le plus de facilités !» Mettre l’élève au centre de toutes les préoccupations tout en donnant les moyens nécessaires à leurs professeurs, une idée de réforme ?