Des collectifs d'extrême droite lèvent 64.000 euros pour empêcher les sauvetages de migrants en mer

DÉSOLIDARITÉ Ces identitaires viennent de toute l’Europe et font partie des mouvements anti-islam et anti-immigrants…

L.Br.

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Des migrants soudanais et bengalis à bord d'un bateau de secours de l'ONG Open Arms.

Des migrants soudanais et bengalis à bord d'un bateau de secours de l'ONG Open Arms. — Santi Palacios/AP/SIPA

Des groupes identitaires de toute l’Europe ont levé 64 000 euros pour saboter les opérations de sauvetage de migrants en mer. Une mission est prévue pour l’été.

C’est l’organisation française raciste et xénophobe Génération identitaire qui est à l’origine de cette campagne de crowdfunding, explique le journal britannique The Guardian. L’objectif ? Lever de l’argent pour payer les bateaux, le coût du voyage et les caméras pour filmer leurs actions. Samedi, les militants d’extrême droite ont déclaré qu’ils avaient atteint leur objectif de 50 000 euros, mais qu’ils acceptaient toujours les donations.

Ils ont essayé de bloquer un bateau

Le but de l’opération est de « défendre l’Europe » : « Cette immigration de masse est en train de changer le visage de notre continent », déclare un militant dans une de leurs vidéos de campagne. Le mois dernier, Génération identitaire a déjà réalisé une action de ce type : ils ont essayé de bloquer un bateau de secours au large de la Sicile, avant que les gardes-côtes italiens n’interviennent, d’après le site Internet Mashable.

Cette campagne provoque la colère des ONG, qui y voient l’impact des discours politiques sur l’immigration. « Quand le gouvernement britannique ou ses homologues européens évoquent des "flux" de migrants, ou perpétuent le mythe selon lequel les opérations de sauvetage sont facteurs d’attraction, voire "un service de taxi", cela nourrit les groupes d’extrême droite, a témoigné un responsable humanitaire sous couvert d’anonymat pour le quotidien britannique. La réalité, c’est que sans ces opérations de sauvetage, beaucoup plus se seraient noyés sans que cela ne décourage les gens de tenter la traversée. »

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), attachée à l’ONU, 1 620 migrants ont perdu la vie en prenant la mer pour l’Europe.