Guyane: Arrestation de membres des 500 Frères après le blocage du centre des impôts

SOCIETE Les membres de cette association s'étaient rassemblés en soutien aux grévistes de l'hôpital...  

A.B. avec AFP

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Les 500 frères sont toujours vêtus de noir et portent un masque cachant leur visage.

Les 500 frères sont toujours vêtus de noir et portent un masque cachant leur visage. — Jody Amiet / AFP

Des membres des associations « 500 frères » et « Trop violans », parties prenantes du mouvement ayant paralysé la Guyane cinq semaines, ont été arrêtés mardi après le blocage du centre des impôts à Cayenne, pour soutenir les grévistes de l’hôpital, a annoncé le collectif « Pou Lagwiyann dékolé ».

Soutenir les grévistes du centre hospitalier

Le Centre Hospitalier André Rosemond de Cayenne (CHAR) est touché par un mouvement social depuis plus de deux mois. A l’appel du syndicat UTG Santé, une partie du personnel est en grève pour réclamer plus de moyens et 200 postes supplémentaires, la direction en proposant 36.

Dans un communiqué, le collectif Pou Lagwiyann dékolé (Pour que la Guyane décolle), qui a mené le mouvement social en mars et avril pour obtenir le rattrapage économique et social de la Guyane par rapport à la métropole, exprime son soutien « aux membres des associations "500 Frères contre la délinquance" et "Trop Violans" arrêtés ce matin devant le centre des impôts ».

Selon plusieurs médias locaux, des manifestants ont bloqué le centre des impôts mardi matin, dernier jour pour déposer sa déclaration d’impôts papier ou numérique, et ont mis le feu à des palettes devant le centre pour soutenir les grévistes du centre hospitalier.

Plusieurs membres des deux associations, dont les leaders Olivier Goudet et Stéphane Palmot, ont été interpellés et placés en garde à vue, après cette action, pour « entrave sur la voie publique », selon les médias sur place.

20 millions d’euros de « provision d’urgence » versés d'ici fin juin

A la suite de ces interpellations, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées devant le commissariat dans le centre-ville de Cayenne, pour réclamer leur libération.

Le collectif Pou Lagwiyann dékolé a souligné dans son communiqué que « la problématique de santé fait partie des axes forts sur lesquels » il travaille, « en attendant la mise en place des comités de suivi (de l’Accord de Guyane signé le 21 avril) à l’issue des législatives ».

Après avoir rappelé que « le CHAR a obtenu 60 millions d’euros dans l’Accord de Guyane », il juge « indispensable de s’assurer du versement de ces fonds dans les meilleurs délais ».

Le préfet de Guyane a annoncé vendredi que les 20 millions d’euros de « provision d’urgence » prévus dans l’accord de Guyane pour venir en aide à l’hôpital de Cayenne, en proie à de graves problèmes de trésorerie, seraient versés d’ici le 30 juin.

Cette action intervient alors qu’une « mission d’expertise en ressources humaines » est arrivée en Guyane pour trouver une solution à ce conflit social.

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