Des jeunes filles écrivent au tableau, le 24 mars 2006 dans une classe du lycée de Saint-Aubin-du-Cormier, où a été lancée la «Journée de la jupe».
Des jeunes filles écrivent au tableau, le 24 mars 2006 dans une classe du lycée de Saint-Aubin-du-Cormier, où a été lancée la «Journée de la jupe». - FRED DUFOUR / AFP

Les syndicats lycéens SGL, UNL, UNL-SD et FIDL appellent les élèves, filles comme garçons, à porter une jupe ce vendredi pour lutter contre le sexisme et les inégalités hommes-femmes.

Il s’agit de dénoncer les inégalités salariales, d’accès aux postes de direction ou de partage des tâches domestiques, mais aussi des phénomènes comme le harcèlement de rue, les inégalités d’orientation entre les filles et les garçons à niveau égal, a expliqué Coline Mayaudon, déléguée à la communication au Syndicat général des lycéens (SGL).

>> A lire aussi : «Ce que soulève la jupe»: Lycéens, comment le port d'une jupe permet-il de lutter contre le sexisme?

Une journée organisée au niveau national, une première 

En 2014, une opération du même type avait été organisée à Nantes à l’initiative d’élèves, soutenue par le rectorat. En pleine contestation du mariage homosexuel, cette journée intitulée « ce que soulève la jupe » avait créé la polémique, critiquée par des élus de droite et des membres de la Manif pour tous, laquelle avait demandé sans succès l’annulation de l’opération. Une confrontation musclée entre des lycéens et des anti-mariage gay avait nécessité l’intervention de la police. Cette année, c’est la première fois que la Journée de la jupe est organisée au niveau national, par quatre organisations lycéennes qui ont mis de côté leurs rivalités pour ce combat contre le sexisme, a précisé Coline Mayaudon.

>> A lire aussi : Isabelle Adjani, preneuse d'otages dans «La journée de la jupe»

Les organisateurs ont aussi prévu d’envoyer des stickers aux lycées qui en feront la demande, pour que les jeunes qui n’ont pas la possibilité de se mettre en jupe, voire les personnels de l’Education nationale, puissent quand même afficher leur soutien à l’opération. « Il y a des filles qui ont peur de porter des jupes dans certains lycées, des lycées qui interdisent le port de la jupe, la pression des parents », souligne-t-elle. Marlène Schiappa, la nouvelle secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, a également salué l’opération : « Cette journée montre que les jeunes générations font de l’activisme et sont prêtes à innover dans leurs modes d’action », explique-t-elle dans Les Nouvelles News. « Cela doit aussi interroger les politiques publiques que nous mettons en œuvre dès le lycée, et même avant : il est impératif d’agir dès le plus jeune âge, au moment où se construisent les premiers stéréotypes de genre. »

Mots-clés :