Gérard Collomb a tenu à rendre hommage à Xavier Jugelé, tué le 20 avril dernier
Gérard Collomb a tenu à rendre hommage à Xavier Jugelé, tué le 20 avril dernier - FRANCOIS GUILLOT / AFP

C’était son premier déplacement en tant que ministre de l’Intérieur. Après avoir été à la rencontre de policiers et de gendarmes dans les Yvelines, Gérard Collomb a tenu à se rendre sur les Champs-Elysées, mercredi soir, afin de rendre hommage à Xavier Jugelé, tombé sous les balles d’un terroriste le 20 avril dernier. « Nos forces de sécurité sont prêtes à mourir pour assurer » la protection des Français, a déclaré à la presse le nouveau premier flic de France, à quelques mètres du lieu du drame. Elles méritent, dit-il, « le respect ».

« Gérard Collomb a ainsi voulu dire aux forces de l’ordre : “je suis de votre côté, je fais partie désormais de la maison et je comprends les risques et les désagréments que vous subissez" », explique à 20 Minutes Mathieu Zagrodzki, chercheur associé au Cesdip. Une manière, pour le numéro 2 du gouvernement, de gagner un peu de légitimité aux yeux de ses troupes. D’autant qu’il n’était pas vraiment attendu à ce poste, habituellement confié à des hommes plus jeunes, mais possédant de solides réseaux dans les milieux de la sécurité.

Surtout, les manifestations policières d’octobre dernier, organisées après qu’une patrouille a été la cible de tirs de cocktails Molotov à Viry-Châtillon, ont laissé des traces. Le précédent gouvernement avait débloqué 250 millions d’euros pour les forces de l’ordre et fait voter une nouvelle loi assouplissant les règles de la légitime défense. Emmanuel Macron a, quant à lui, promis de recruter au cours du quinquennat 7 500 policiers et 2 500 gendarmes, en plus du remplacement des départs à la retraite. Mais le malaise policier est persistant. Deux jours après la mort de Xavier Jugelé, près de 200 femmes de policiers ont d’ailleurs manifesté à Paris pour exprimer leur « colère ».

Tract diffusé sur les réseaux sociaux appelant les femmes de policiers à manifester à Paris
Tract diffusé sur les réseaux sociaux appelant les femmes de policiers à manifester à Paris - DR

« En rendant hommage à Xavier Jugelé, le ministre a aussi voulu dire aux agents qu’il est conscient des risques qu’ils encourent, des difficultés de leur métier et de leurs conditions de travail qui se sont dégradées », poursuit Mathieu Zagrodzki, soulignant que Gérard Collomb est attendu au tournant par les policiers et leurs syndicats, « notamment concernant les recrutements, mais pas seulement ».

>> A lire aussi : Quels chantiers attendent le ou la futur(e) ministre de l'Intérieur?

« Si la politique de recrutement doit continuer, plusieurs chantiers majeurs doivent être mis en place ou se poursuivre, avec la lutte contre les tâches indues, mais aussi la réforme de la procédure pénale », explique l’Unsa Police, dans un communiqué publié quelques minutes après la nomination, place Beauvau, du sénateur du Rhône. Unité SGP Police-FO, pour sa part, espère que le ministre saura « remettre en route l’institution policière » et « reconnaître les difficultés du métier ». Gérard Collomb a du pain sur la planche.

Mots-clés :