Francis Heaulme est jugé depuis mardi 24 varil 2017 pour le meurtre de deux petits garçons en 1986 à Montigny-lès-Metz.
Francis Heaulme est jugé depuis mardi 24 varil 2017 pour le meurtre de deux petits garçons en 1986 à Montigny-lès-Metz. - AFP
  • Francis Heaulme est jugé pour le double meurtre de Montigny.
  •  Il a toujours nié les faits qui lui sont reprochés.
  • Les parents des victimes sont partagés après 30 ans d’errements.

A la cour d’assises de la Moselle,

« Une histoire de morts d’enfants qu’il faut tourner dans tous les sens. » Jusqu’à n’en plus souffrir. Chantal Beining pleure doucement, mardi devant la cour d’assises de la Moselle, quand Dominique Boh-Petit, son avocate, choisit cette formule juste pour qualifier les trois semaines du procès de Francis Heaulme. Et les trente années d’errements judiciaires sur les meurtres de Cyril et d’Alexandre, 8 ans, perpétrés à Montigny-lès-Metz en 1986.

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Chantal pleure. Son « Cyril ». Sa « solitude ». Son « cancer ». Son addiction au Prozac. Et surtout l’incapacité de la justice à mettre un nom dans la case coupable. Dominique Beckrich pleure, elle, Alexandre. Mais pas cette justice qui ne cesse de lui « casser les bras », de lui « porter l’estocade ».

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Car le dernier à être entré dans l’arène judiciaire de Montigny s’appelle Francis Heaulme. Et que cette « maman » n’a jamais cru qu’il était le bon cheval. Alors, à la barre, elle dépose, au pied de cette « insupportable justice », la colère plus que la tristesse de l’avoir vu remplacer Patrick Dils dans le box des accusés.

Un avocat tourmenté à l’idée d’heurter ses propres clients

Mais Patrick Dils a été définitivement innocenté en 2002. Depuis, cette histoire de morts d’enfants a tourné dans un sens (Francis Heaulme). Puis dans un autre (Francis Heaulme et Henri Leclaire). Et encore dans un autre (Francis Heaulme).

A l’heure de plaider, ce mardi, les parties civiles ne savent donc plus « sur quel pied danser ». A l’image de Thierry Moser. « Tourmenté » de son propre aveu, l’avocat en est réduit à pointer du doigt les « six éléments troublants » au sujet de « Routard du crime ». Quitte à « heurter » et à « décevoir » ses propres clients, les Beckrich, qui ne croient, eux, pas en sa culpabilité.

La probabilité d’un autre tueur

Patrice Buisson n’y croyait pas plus jusqu’à la veille du procès. « Mon opinion a changé », révèle l’avocat de Serge Beckrich, le père du petit Cyril. Aucune « preuve évidente » n’est apparue en trois semaines. Mais la probabilité que les enfants croisent, le jour du drame, un autre tueur alors que Francis Heaulme rôdait dans les parages lui a, finalement, sauté aux yeux.

« Je souhaite que la justice passe avec celui-là, plaide-t-il, fataliste, en pointant du menton le box de l’accusé. Et surtout que l’on laisse les victimes à leur chagrin. » Le verdict est attendu jeudi. Francis Heaulme encourt une nouvelle peine de réclusion à perpétuité.

Continuez à suivre ce procès en direct sur le compte Twitter : @vvantighem

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