Charlie Hebdo et Hyper Cacher: Trois hommes mis en examen et incarcérés dans l'enquête sur les armes

JUSTICE L'enquête progresse encore sur les attentats de 2015 qui ont coûté la vie à 16 personnes...

N. Se. avec AFP

— 

Des pompiers, des officiers de police et des médecins légistes devant le siège de Charlie hebdo après les attaques le 7 janvier 2015

Des pompiers, des officiers de police et des médecins légistes devant le siège de Charlie hebdo après les attaques le 7 janvier 2015 — MARTIN BUREAU AFP

En début de semaine, les enquêteurs de la Sous-direction antiterroriste (SDAT) de la police judiciaire avaient mené une vaste opération dans le nord de la France et en Belgique, où ils avaient interpellé treize personnes, dont un ancien douanier et des trafiquants d’armes présumés. L’objectif : reconstituer le circuit des armes fournies aux frères Kouachi et à Amédy Coulibaly pour les attentats de Charlie Hebdo et de l' Hyper Cacher.

A l’issue de leur garde à vue, trois suspects ont été mis en examen par un juge d’instruction, pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, a indiqué une source judiciaire. Deux d’entre eux ont ensuite été placés en détention provisoire, tandis que le troisième a été incarcéré dans l’attente d’un débat sur sa détention, a précisé la source.
Le juge d’instruction a par ailleurs délivré un mandat d’arrêt à l’encontre de deux suspects, Metin K. et Michel C., qui ont été interrogés par les policiers et qui doivent être remis ultérieurement à la France.

Un réseau de trafic d’armes entre la France et la Belgique

Parmi les trois mis en examen, figure Samir L., considéré comme lié de très près à la vente de certaines armes fournies à Coulibaly, le tueur de l’Hyper Cacher. Deux autres protagonistes, Miguel M. et Abdelaziz A., sont soupçonnés d’être liés à un possible réseau de trafic d’armes entre la Belgique et la France, selon une source proche de l’enquête.
Dans l’enquête sur les attentats de janvier 2015, sept hommes ont déjà été mis en examen, suspectés à des degrés divers d’avoir apporté une aide logistique à Coulibaly, mais tous nient avoir eu connaissance du projet terroriste.

Si les enquêteurs avaient rapidement retracé la provenance d’une partie de l’arsenal d’Amédy Coulibaly, ils se demandent comment les frères Kouachi, les tueurs de Charlie Hebdo, avaient obtenu leurs armes.

Des zones d’ombre dans l’enquête

Les enquêteurs cherchent aussi à savoir si une transaction sur des armes a pu intervenir à l’occasion de la vente par Amédy Coulibaly en Belgique d’une Mini-Cooper au nom de sa compagne Hayat Boumediene. Coulibaly cherchait-il à s’approvisionner en armes pour lui, pour les frères Kouachi, ou pour eux trois ? Des zones d’ombre entourent encore cet épisode.

>> A lire aussi : Attentat déjoué à Marseille: Trois hommes de l'entourage des suspects mis en examen et écroués

Dans l’arsenal des tueurs figuraient notamment plusieurs pistolets semi-automatiques Tokarev et des fusils d’assaut, en provenance de Slovaquie, de Russie ou de l’ex-Yougoslavie. Selon l’enquête, les armes de Coulibaly étaient passées par un intermédiaire en Belgique avant d’être achetées, parmi des dizaines d’autres, par la société de l’épouse d’un trafiquant d’armes présumé et proche des milieux de l’extrême-droite nordiste, Claude Hermant, entre juillet et novembre 2014.
Le couple, déjà interrogé en décembre 2015, a de nouveau été placé en garde à vue cette semaine, sans être mis en examen.