Chômage: Plus forte hausse en quatre ans (+43.700 demandeurs d'emploi en mars)

SOCIAL Le nombre de demandeurs d'emploi avait un peu baissé au mois de mars...

M.B.

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Illustration Pôle emploi

Illustration Pôle emploi — PHILIPPE HUGUEN / AFP

  • Il s’agit d’une forte hausse de 1,3 % du nombre de demandeurs d’emploi
  • Le chômage est vraiment l’un des points noirs du quinquennat de François Hollande

Décidément le chômage restera l’un des points noirs du quinquennat de François Hollande. Après la très légère baisse de février, le nombre de demandeurs d’emploi sans activité (catégorie A) inscrits sur les listes de Pôle emploi est reparti en forte hausse en mars : + 43 700, soit une progression de 1,3 % pour s’établir à 3.508.100, selon les chiffres publiés ce mercredi par le ministère du Travail.  C'est la plus forte hausse en quatre ans. 

Une hausse et en même temps une baisse

Ce résultat, le plus mauvais depuis janvier 2013, assombrit la tendance sur les trois premiers mois de l'année, avec 41.000 chômeurs supplémentaires depuis janvier. Il ternit considérablement l'inversion de la courbe promise depuis 2013 par François Hollande et qui s'était enfin amorcée en 2016, avec 105.400 chômeurs de moins. Depuis le début de son quinquennat, 585.000 demandeurs d'emploi sans activité ont grossi les rangs de Pôle emploi. Le mandat de son prédécesseur Nicolas Sarkozy en avait enregistré 745.000 de plus.

En mars, toutes les catégories d’âge ont été pénalisées avec une hausse de 1,2 % pour les moins de 25 ans, de 1,3 % pour les 25-49 ans et de 1,1 % pour les plus de 50 ans.

La hausse de mars est essentiellement due au fait que de nombreux contrats courts n'ont pas été renouvelés, faisant basculer des personnes exerçant une petite activité dans la catégorie des chômeurs sans aucune activité. Ainsi, en comptant les demandeurs d'emploi exerçant une petite activité, les statistiques reculent sur un mois de 0,2%, avec 5,5 millions de personnes, mais elles augmentent sur un an.

Une situation difficile pour le futur président

Dans un communiqué, la ministre du Travail Myriam El Khomri souligne que, malgré l'envolée, le nombre d'entrées à Pôle emploi a «une nouvelle fois» diminué «fortement (-3,1%)», tandis que «les sorties pour motif de reprise d'emploi progressent encore (+0,5%) et se maintiennent depuis huit mois à un niveau très élevé».

Ces mouvements sont «caractéristiques des périodes de reprise économique», explique le ministère, faisant valoir que les autres indicateurs du marché du travail sont au vert: nombre record de créations d'emplois en 2016 (187.200) depuis 2007, déclarations d'embauche au premier trimestre 2017 à un plus haut historique...

Mais leur effet sur la courbe se fait attendre. François Hollande laisse une situation difficile au futur président.

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