Sécheresse. (Illustration)
Sécheresse. (Illustration) - François NASCIMBENI / AFP
  • Le mois de mars 2017 a été le plus chaud en France depuis 1900
  • Deux départements bretons ont pris des arrêtés pour préserver la ressource en eau
  • 200 départs de feux ont été recensés sur la zone de défense et de sécurité du Sud-Ouest

Un mois de mars exceptionnel ! A tel point que 2017 a été le mois de mars le plus chaud depuis 1900, selon Météo-France. Le 30, les Parisiens se précipitaient dans les parcs ou aux terrasses des cafés pour profiter du soleil et d’une vague de chaleur de 23 degrés. Dans les Vosges, faute de neige, la route des Crêtes a ouvert avec 15 jours d’avance mi-avril. Ces conditions météos clémentes ne sont pas sans contrepartie car la sécheresse frappe déjà en France.

Une situation semblable à une fin d’été sec dans le Haut-Rhin

En Bretagne, l’épisode est qualifié d’assez exceptionnel. Non, non, ce n’est pas une blague ! Car il y a un déficit de pluviométrie de l’ordre de 50 % en automne et en hiver. Cette situation a d’ailleurs conduit les préfets d’Ille-et-Vilaine et des Côtes d’Armor à prendre des arrêtés en début d’année afin de préserver la ressource en eau. Il est notamment interdit de laver les voitures (hors station de lavage) ou encore la vidange des piscines et plans d’eau.

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En Isère, la préfecture a également alerté les citoyens sur « une gestion économe de l’eau » provenant des cours d’eau, des nappes et des réseaux de distribution d’eau publics. Il faut donc limiter les bains, le remplissage des piscines, l’arrosage… En revanche aucune mesure de restriction en matière de consommation d’eau, n’a été pour l’instant exigée. Le département a enregistré 40 % de précipitations en moins sans oublier « des stocks de neige nuls à des altitudes inférieures à 2.000 mètres ».

Autre région où l’on ne s’attend pas à parler de sécheresse en avril : l’Alsace. Le département du Haut-Rhin connaît une situation semblable à une fin d’été sec, avait alerté dès le 24 février le préfet, Laurent Touvet. Le déficit pluviométrique par rapport à la normale, pour cet hiver, a atteint les 48 %.

Deux cents départs de feux dans le Sud-Ouest

La situation est également « préoccupante » en Pays de la Loire où en avril seuls 3 mm d’eau sont tombés. C’est 20 fois moins que d’habitude. « Le phénomène de sécheresse s’accentue depuis juillet dernier !, alerte Christophe Pin, chef du centre météorologique de Nantes. Février et mars avaient un peu ralenti celui-ci avec de la pluie mais là, ça repart de plus belle. » A la préfecture de Loire-Atlantique, on annonce que « la situation hydrologique dans le département fait l’objet d’une vigilance particulière ».

Le sud de la façade atlantique est également en alerte. En Nouvelle-Aquitaine, « jamais le cumul de précipitations rapportées en moyenne sur la région, sur la période du 1er juillet au 20 avril, n’a été aussi faible depuis 1959. Il est seulement tombé 50 à 60 % des quantités d’eau habituelles sur cette période sur les deux tiers nord de la Nouvelle-Aquitaine, de l’ouest du Limousin à la Gironde », rapporte Mireille Alleno, du service étude et climatologie de Météo France Bordeaux.

Jeudi dernier, un incendie a détruit 1.100 hectares de pinède à Cissac-Médoc en Gironde. Depuis le début de l’année, 200 départs de feux ont été recensés sur la zone de défense et de sécurité du Sud-Ouest.

Foix a manqué d’eau potable

En Languedoc, les incendies ont également pris un peu d’avance cette année. Et la conjoncture météo semble propice aux déclenchements de feux. « Si le mois de mars fut particulièrement arrosé, il n’a pas plu, ou quasiment pas, depuis le 1er avril, souligne Roland Mazurie, chef du centre Météo-France à Montpellier. Si le mois de mai devait perdurer de cette façon, ce serait problématique. »

La région de Toulouse a vécu son deuxième hiver le plus sec de son histoire avec un déficit d’eau de 60 % en Haute-Garonne. En Ariège, la ville de Foix a manqué d’eau potable en janvier avant des pluies abondantes et salvatrices en mars. La bonne nouvelle vient des barrages pyrénéens qui sont pleins et pourront être utilisés pour soutenir les débits au besoin.

Dans le Sud-Est, pas d’alerte mais on est vigilant. Car dans les Bouches-du-Rhône, on constate un déficit d’eau de 15 % par rapport à 2016. Dans les Alpes-Maritimes, malgré un déficit de 30 %, la pluviométrie est « dans les normes » sur les reliefs. Par contre sur le littoral, après des mois de janvier et de février « particulièrement sec » et un mois de mars mouillé – « il est tombé deux fois plus de pluie qu’habituellement », note Franck Lannoy de Météo-France, en avril, seuls 17 mm de précipitations ont été enregistrés « contre 70 mm pour un mois d’avril normal ».

Dans les Hauts-de-France, seul le département de l’Aisne fait l’objet d’une vigilance particulière concernant l’hydrométrie. Mais rien d’alarmant, annonce la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal).

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