Le communiqué de revendication des attentats de Paris par Daesh, le 14 novembre 2015
Le communiqué de revendication des attentats de Paris par Daesh, le 14 novembre 2015 - 20Minutes
  • L’attaque des Champs-Elysées a été presque aussitôt revendiquée par le groupe jihadiste
  • L’identité fournie par Daesh n’est pas la même que celle diffusée par les enquêteurs

Il n’aura fallu que quelques heures à l’organisation terroriste Daesh pour revendiquer l’attaque des Champs-Elysées. Visés par une kalachnikov, un policier parisien perdra la vie et deux de ses collègues seront blessés, dont un grièvement. Le message, diffusé par le groupe djihadiste laisse toutefois les enquêteurs perplexes. Evoquant un assaillant dont l’identité diffère de celle communiquée par les autorités, Daesh sème le trouble. Des interrogations déjà suscitées par le passé.

  • « Abu Yussef le Belge » et l’attaque des Champs Elysées

« L’auteur de l’attaque des Champs-Elysées dans le centre de Paris est Abu Yussef le Belge, et c’est un des combattants de l’Etat islamique », précisait jeudi soir un communiqué publié par son organe de propagande Amaq.

Mais cette revendication pose question puisque l’identité semble différer de celle du Français abattu sur les Champs-Elysées. Correspond-elle à celle d’un homme signalé jeudi à la France par les services belges qui porte le même prénom ? L’homme faisant l’objet d’un avis de recherche diffusé par les autorités belges s’est présenté dans un commissariat d’Anvers, dans le nord de la Belgique.

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Selon Rita Katz, directrice du groupe américain SITE, qui surveille la mouvance djihadiste, la revendication « est différente » des messages habituels d’Amaq. Non seulement par sa rapidité, moins de deux heures après la fusillade, mais également car l’emploi du nom de guerre du suspect, Abu Yusuf al-Beljiki, « indique que Daesh connaissait l’assaillant et était sans doute au courant de l’attaque ».

  • L’attentat de Nice revendiqué mais pas commandité ?

En septembre 2014, le porte-parole de l’EI, tué depuis par une frappe de la coalition, appelait dans un message audio les partisans du groupe terroriste à tuer « un incroyant américain ou européen – en particulier les méchants et sales Français […] – ou tout citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l’État islamique ». Pour ce faire, il donnait des conseils, dont : « Renversez-le avec votre voiture. ».

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Le 15 juillet 2016, au lendemain de l’attentat au camion à Nice qui a fait 86 morts et des centaines de blessés, un communiqué du groupe Etat Islamique déclarait : « L’auteur de l’opération […] menée à Nice en France est un soldat de l’Etat islamique. Il a exécuté l’opération en réponse aux appels lancés pour prendre pour cible les ressortissants des pays de la coalition qui combat l’EI. » Les termes employés par l’EI semblent indiquer que l’attentat n’a pas été commandité par l’organisation terroriste, mais qu’il s’agit plutôt d’une revendication opportuniste.

  • Et les attentats jamais revendiqués

Interviewé par 20 Minutes au lendemain de l’attaque de Nice, le journaliste David Thomson, auteur d’un ouvrage sur les djihadistes français réfutait toutefois ce caractère opportuniste. « Jusqu’à présent, il n’y en a jamais eu. Pourtant l’organisation islamiste aurait déjà pu le faire. L’exemple le plus frappant est le crash du vol MS804 d’Egypt Air [le 19 mai alors qu’il assurait la liaison Paris-Le Caire]. Il n’a jamais été revendiqué par l’EI alors que les autorités égyptiennes pointaient la responsabilité de l’organisation », développait l’auteur.

A l’inverse, six mois avant, l’EI avait revendiqué l’attentat contre un appareil russe reliant Sharm el-Sheikh à Saint-Pétersbourg et avait même apporté les preuves de son implication face aux doutes des autorités égyptiennes.

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