Attentat à Paris: Cazeneuve accuse Le Pen et Fillon d'avoir fait «le choix de l'outrance et de la division»

POLITIQUE Le Premier ministre a pris la parole ce vendredi matin pour répondre aux deux candidats concernant l’attentat des Champs-Elysées…

F.F. avec AFP

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Bernard Cazeneuve

Bernard Cazeneuve — PASCAL LACHENAUD / AFP

Bernard Cazeneuve a accusé ce vendredi Marine Le Pen et François Fillon d’avoir choisi « l’outrance et la division », accusant notamment la candidate du FN à la présidentielle de chercher à « exploiter sans vergogne la peur et l’émotion à des fins exclusivement politiciennes », après l’attentat de jeudi soir à Paris.

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Marine Le Pen « cherche comme après chaque drame à en profiter pour instrumentaliser et diviser, elle cherche à exploiter sans vergogne la peur et l’émotion à des fins exclusivement politiciennes ». Quant à François Fillon, il « préconise la création de 10.000 postes de policiers. Comment croire sur ce sujet un candidat qui lorsqu’il était Premier ministre en avait supprimé 13.000 dans les forces de sécurité intérieure ? » a accusé le Premier ministre lors d’une déclaration sur le perron de Matignon.

 

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Critiques du gouvernement 

Un peu plus tôt dans la matinée, Marine Le Pen et François Fillon avaient réagi au meurtre d’un policier sur les Champs-Elysées jeudi soir. « Les policiers sont attaqués parce qu’ils sont le symbole de l’Etat. La France n’est pas visée pour ce qu’elle fait mais pour ce qu’elle est. La guerre qui nous est menée est asymétrique, révolutionnaire, une guerre où il n’y a pas d’arrière. Chacun comprend que nous ne pouvons pas la perdre. Or, depuis dix ans sous les gouvernements de droite et de gauche tout a été fait pour que nous la perdions », a affirmé la candidate Front nationale depuis son QG, dénonçant également ce qu’elle nomme « les lois pénales laxistes Dati et Taubira ».

Quant au candidat les Républicains, il s’est exprimé peu après : « Nous sommes en état d’urgence et il ne sera pas levé avant longtemps. Nous sommes dans une guerre longue. Certains n’ont pas totalement pris la mesure du mal qui nous agresse. Que j’entends combattre d’une main de fer. L’islam radical défie nos valeurs et notre force d’âme. Nous devons lui opposer un mur intellectuel et moral. Ma politique étrangère sera ciblée en priorité sur la destruction de l’Etat islamique. Cela ne sera possible que le jour où toutes les nations agiront vraiment ensemble. »

Une réponse au Front national

Visant le plus longuement la candidate du Front national, dont le parti n’a voté aucune des lois antiterroristes du quinquennat, Bernard Cazeneuve a cherché à lui répondre point par point en défendant le bilan de l’exécutif Hollande. Quand Marine Le Pen « demande la restauration immédiate de nos frontières nationales », « elle fait mine d’ignorer que c’est ce gouvernement qui a rétabli le contrôle aux frontières », avec depuis le 13 novembre 2015 « 105 millions de personnes contrôlées » et « 80.000 » refoulées de l’entrée en France.

Quant à sa demande des expulsions des fichés S étrangers, depuis 2012, « 117 personnes ont été expulsées du territoire pour des activités terroristes » et ce « dans le cadre de l’Etat de droit ». « La plus grande fermeté prévaut donc en la matière, sans arbitraire », a-t-il affirmé, soulignant également que la poursuite des fichés S pour « intelligence avec l’ennemi » se traduirait par des sanctions « moins fermes » que celles prévues par les nouvelles lois antiterroristes.

« La facilité n’est pas la fermeté, ni l’outrance le gage de la fermeté », a-t-il critiqué.