Une fusillade a éclaté sur les Champs-Elysées à Paris le 20 avril 2017.
Une fusillade a éclaté sur les Champs-Elysées à Paris le 20 avril 2017. - Thibault Camus/AP/SIPA

Une soirée tragique et encore beaucoup de questions. Après l’attentat qui a tué jeudi soir un policier sur les Champs-Elysées à Paris, les enquêteurs poursuivent ce vendredi leurs investigations. 20 Minutes fait le point sur ce que l’on sait de l’auteur de l’attaque, de ses motivations et de ses victimes.

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Que s’est-il passé ?

Vers 20 h 50,un homme est sorti d’une voiture au niveau du numéro 102 de l’avenue des Champs-Elysées. « L’agresseur est arrivé en voiture, est sorti. Il a ouvert le feu sur le car de policiers à l’arme automatique, a tué l’un des policiers et a essayé de s’en prendre aux autres en courant », a rapporté une source policière. Des agents ont riposté. Il est alors parti en courant et en tirant, avant d’être abattu. Il semble que l’assaillant les ait « délibérément pris pour cible », selon le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Pierre-Henry Brandet.

Une fusillade sur les Champs-Elysées. Des policiers bloquent les accès, rue Balzac.
Une fusillade sur les Champs-Elysées. Des policiers bloquent les accès, rue Balzac. - F. Hernandez

 

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Combien y a-t-il de victimes ?

Au cours de cette fusillade, un policier est décédé et deux autres policiers ont été blessés, dont l’un grièvement. Opéré dans la nuit, il est ce vendredi matin en réanimation, selon BFMTV. Ils appartiennent à la 32e compagnie d’intervention de la DOPC de la Préfecture de police.Une touriste a été plus « légèrement » touchée par balle, selon les autorités. Elle a reçu « un éclat dans le genou », a indiqué une source policière à 20 Minutes.

Qui est l’assaillant ?

L’assaillant a été abattu par la police. Dans sa voiture, les enquêteurs ont retrouvé des indices permettant de l’identifier : il s’agit d’homme français de 39 ans, né à Livry-Gargan, en Seine-Saint-Denis, Fiché S, il faisait déjà l’objet d’une enquête antiterroriste pour avoir manifesté son intention de tuer des policiers et avait été arrêté le 23 février, avant d’être remis en liberté par la justice faute de preuves suffisantes, selon des sources proches de l’enquête. Il avait déjà été condamné en 2005 à quinze ans de réclusion pour tentatives d’homicide volontaire sur un policier, un élève gardien de la paix et le frère de celui-ci, en Seine-et-Marne.

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Problème : ce profil ne correspond pas à celui du terroriste évoqué par Daesh dans sa revendication : « L’auteur de l’attaque des Champs-Elysées dans le centre de Paris est Abu Yussef le Belge, et c’est un des combattants de l’Etat islamique », selon un communiqué publié jeudi soir quelques heures seulement après l’attaque par son organe de propagande Amaq.

S’agit-il du même homme ? « L’identité de l’attaquant est connue et a été vérifiée », a indiqué vendredi soir devant la presse, près du lieu de l’attaque, le procureur de la République de Paris, François Molins. Mais il s’est refusé à la dévoiler, en raison des nécessités de l’enquête ouverte jeudi soir par la section antiterroriste du parquet de Paris.

Celle-ci a été confiée à la DGSI, à la Sdat et à la Crim’.Une perquisition a été menée jeudi soir à Chelles (Seine-et-Marne), au domicile de l’assaillant, titulaire de la carte grise du véhicule utilisé pour l’attaque. Ce vendredi matin, trois membres de l’entourage de l’assaillant interrogés en garde à vue, selon une source judiciaire citée par l’AFP.

Y a-t-il des complices ?

C’est encore un point flou. L’homme a semblé avoir agi seul lors de l’agression, et des investigations sont en cours pour établir « s’il a bénéficié ou pas de complicités », a indiqué jeudi soir le procureur de la République.

« Il y a un avis de recherche qui concerne un individu qui aurait été signalé par les services belges qui est parvenu aux services français hier. Est-ce qu’il est lié de près ou de loin à ce qui s’est passé sur les Champs-Elysées ? Je ne peux pas vous le dire et en tout cas, il est encore trop tôt pour le dire. Il y a un certain nombre d’informations à vérifier », aindiqué ce vendredi matin le porte-parole du ministère de l’Intérieur Pierre-Henry Brandet sur Europe 1.

Avant de préciser plus tard dans la matinée que « l’homme signalé par les services belges s’est présenté dans un commissariat d’Anvers ».

 

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