Attentat déjoué: Le procureur Molins livre les détails sur l'opération menée à Marseille

TERRORISME Les enquêteurs ont découvert des armes et des explosifs dans l’appartement des deux suspects, sans toutefois parvenir à identifier les cibles des attaques…

G. N. avec AFP

— 

Le procureur François Molins lors d'une conférence de presse mardi 18 avril, au sujet d'un attentat déjoué à Marseille.

Le procureur François Molins lors d'une conférence de presse mardi 18 avril, au sujet d'un attentat déjoué à Marseille. — Martin BUREAU / AFP

Les deux hommes interpellés mardi à Marseille préparaient une attaque « imminente », a confirmé le procureur de Paris François Molins, lors d’une conférence de presse mardi soir. Voici ce qu’il faut en retenir.

>> A lire aussi : Trois kilos d'explosifs retrouvés sur les lieux de la perquisition

Un véritable arsenal

Ces deux Français, Clément B., 23 ans, et Mahiedine M., 29 ans, avaient rassemblé dans leur appartement trois kilos de TATP - un explosif artisanal prisé des djihadistes -, a précisé le procureur. Des armes à feu ont également été retrouvées. Dans ce logement « d’étudiant » que ces deux hommes « aussi méfiants que déterminés » occupaient dans le centre de Marseille, les enquêteurs ont découvert, outre un drapeau de Daesh, un fusil-mitrailleur, deux armes de poing, un pistolet automatique, des sacs et boîtes de munitions, un silencieux et un couteau de chasse. Mais aussi une grenade artisanale contenant du TATP, un sac de boulons, des mèches, des produits chimiques de conditionnement, des bouteilles d’acétone et d’eau oxygénée, a détaillé le procureur.

>> A lire aussi : Que sait-on sur les deux hommes arrêtés ce mardi à Marseille?

Des cibles non déterminées

Les deux hommes préparaient « une action violente, de manière imminente sur le territoire français, sans qu’on puisse déterminer avec précision le jour, le ou les cibles visées », a indiqué François Molins.

Une mystérieuse missive

Le 4 avril, Mahiedine M. a envoyé un pli au commissariat de Roubaix accompagné d’un mot : « Je vous donne ma carte d’identité et ma carte [bancaire, ndlr] car à cause de vous je n’en ai plus l’utilité. Je vais bientôt me rendre on discutera. […] Je n’ai rien à vous dire, je vis d’amour et d’eau fraîche, je médite, laissez-moi tranquille, salut. »

Une vidéo d'« allégeance »

Le plus âgé des deux suspects, Mahiedine M., cherchait à entrer en contact avec l’organisation djihadiste Etat islamique (EI), notamment pour transmettre « une vidéo d’allégeance ou de revendication », a également révélé le procureur. Il a précisé qu’une « vidéo interceptée le 12 avril dernier » montrait « une table sur laquelle est posé un fusil-mitrailleur de type UZI », « le drapeau noir de l’Etat islamique », « des dizaines de munitions disposées afin d’écrire "la loi du talion" » et « la une d’un quotidien » Le Monde datée du 16 mars 2017 « avec en couverture un candidat à l’élection présidentielle », en l’occurrence François Fillon. Un drapeau de Daesh ainsi que de la « documentation jihadiste » avaient déjà été découverts au domicile à Roubaix de Mahiedine M., lors d’une perquisition administrative en décembre 2016, a précisé le procureur.

>> A lire aussi : Matinée d’angoisse après l’opération antiterroriste rue de Crimée à Marseille