Attentat déjoué: Que sait-on sur les deux hommes arrêtés ce mardi à Marseille?

TERRORISME Agés de 23 et 29 ans, ils se sont rencontrés en prison dans le Nord….  

Thibaut Chevillard

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Des militaires devant devant l'immeuble où à eu lieu la perquisition dans le cadre de l'enquête anti-terroriste, mardi 18 avril à Marseille.

Des militaires devant devant l'immeuble où à eu lieu la perquisition dans le cadre de l'enquête anti-terroriste, mardi 18 avril à Marseille. — A. M.

L’un a 23 ans. L’autre en a six de plus. Le premier est né en région parisienne, le second dans le Nord de la France. C’est en prison que les chemins des deux hommes interpellés ce matin à Marseille par la DGSI se sont croisés. Ensemble, ils voulaient commettre un attentat « dans les tout prochains jours », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Matthias Fekl. 20 Minutes revient sur le profil de ces deux hommes.

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Etaient-ils déjà connus de la justice ?

Le plus âgé est Mahiedine M.. Il est né 10 juillet 1987 à Croix (Nord), selon nos informations. Sa mère, décédée en 2008, était voyante à Roubaix. Il est notamment connu des services de police pour des affaires de stupéfiants. Repéré en 2013 alors qu’il dealait dans Lille, il avait été arrêté au volant d’une Peugeot 308, explique La Voix du Nord. Lors de la perquisition de son appartement, les policiers avaient découvert plus d’un kilo et demi de cannabis et près de 6.000 euros en liquide. Il avait écopé de trois ans de prison.

Le 4 avril, Mahiedine M a envoyé un pli au commissariat de Roubaix accompagné d'un mot: «Je vous donne ma carte d'identité et ma carte [bancaire, ndlr] car à cause de vous je n'en ai plus l'utilité. Je vais bientôt me rendre on discutera. [...] Je n'ai rien à vous dire, je vis d'amour et d'eau fraîche, je médite, laissez moi tranquille, salut.»

Où se sont-ils rencontrés ?

Il est alors incarcéré à la maison d’arrêt de Sequedin pour trafic de stupéfiants où il reste jusqu’en 2015. C’est là qu’il rencontre Clément B., né en juillet 1993 à Ermont, dans le Val d’Oise. Repéré par les services de renseignement après s’être radicalisé, Mahiedine M. avait fait l’objet d’une perquisition administrative en décembre 2016 dans le cadre de l’état d’urgence, signale Le Parisien. Il devait être assigné à résidence mais avait disparu de la circulation. Clément B., lui, voulait partir faire le djihad. Sur les réseaux sociaux, il utilisait un nom à consonance tchétchène. Clément B. se serait, selon le procureur de la République François Molins, radicalisé en 2007, au contact de membres de la communauté tchétchène à Nice. Ses proches ont signalé sa disparition et ses velléités de départ en Syrie en mars 2015. Il serait radicalisé au contact de Mahiedine M., selon les témoignages de proches de ce dernier.

Comment ont-ils été arrêtés ?

Une enquête préliminaire avait été ouverte le 5 avril dernier contre Mahiedine M. après la remontée d’indices attestant la préparation d’une action violente imminente. Cinq jours plus tard, une deuxième enquête similaire avait été ouverte contre Clément B.. « Au fur et à mesure, il s’est avéré que les deux enquêtes se rapportaient au même projet », indique à l’AFP une source proche du dossier. Une enquête en flagrance est ouverte à Paris le 12 avril pour association de malfaiteurs terroriste criminelle et infraction à la législation sur les armes en relation avec une entreprise terroriste. Les deux hommes ont été interpellés par les enquêteurs de la DGSI, assistés par les policiers d’élites du Raid, ce mardi, dans un appartement loué rue de Crimée, à Marseille.

Quelle était leur cible ?

Lors de la perquisition, du TATP - un explosif très puissant - et des armes à feu ont été retrouvés. Selon le procureur, une « vidéo interceptée le 12 avril dernier » montre « une table sur laquelle est posée un fusil-mitrailleur de type UZI », « le drapeau noir de l’Etat islamique », « des dizaines de munitions disposées afin d’écrire + la loi du talion + » et « la Une d’un quotidien » datée du 16 mars 2017 « avec en couverture un candidat à l’élection présidentielle ».. Souhaitaient-ils s’en prendre à François Fillon ? Une photo montrant l’un des deux hommes avec Le Monde du 16 mars, où figurait le candidat des Républicain à la une, ainsi qu’un pistolet-mitrailleur Uzi et une inscription en arabe signifiant « loi du talion » a en tout cas été découverte par les enquêteurs, selon l’AFP.

D’après des renseignements de la coopération internationale, Mahiedine Me. « était susceptible de préparer une action violente sur le territoire national » et « cherchait à entrer en contact et à transmettre à l’organisation terroriste Etat islamique (EI) une vidéo d’allégance ou de revendication », a déclaré François Molins durant la conférence de presse.