Le logo du groupe nucléaire français Areva.
Le logo du groupe nucléaire français Areva. - Charly Triballeau AFP

« Des zones d’ombre persistent »… Les deux grands groupes français Total et Areva sont pointés du doigt par les organisations non gouvernementales Oxfam, ONE et Sherpa dans un rapport publié ce jeudi portant sur leurs activités d’extraction de matières premières (énergies fossiles ou minerais) en 2015.

Dans cette étude, les trois ONG ont passé au peigne fin les déclarations de six groupes français : Total, Areva mais aussi EDF, Engie, Eramet ainsi que Maurel et Prom.

Les activités de Total en Angola

Au sujet de Total, les trois ONG s’interrogent en particulier sur un écart de plus de 100 millions de dollars entre les revenus déclarés en 2015 par les autorités angolaises issus du principal champ pétrolier du pays et les versements déclarés par le groupe français pour exploiter ce site.

Cela peut s’expliquer soit par une différence du nombre déclaré de barils de pétrole, soit par une divergence de valorisation du prix moyen du baril de pétrole, selon elles. « Il est crucial que l’entreprise divulgue l’ensemble des informations requises afin de comprendre ces irrégularités », estime Laetitia Liebert, directrice Sherpa, cité dans un communiqué commun des ONG.

…Et les activités d’Areva au Niger

Concernant Areva, les ONG estiment que le groupe « semble loin de contribuer à sa juste part » pour exploiter l’uranium nigérien, en dépit d’une renégociation de sa redevance au Niger en 2014. Ce pays figurant parmi les plus pauvres au monde représente près de 30 % de la production d’uranium d’Areva, mais il perçoit seulement 7 % des versements du groupe français aux pays producteurs, pointe le rapport.

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Areva aurait payé au Niger une redevance inférieure en 2015 par rapport à 2014, privant cet Etat de 15 millions d’euros de recettes. Par ailleurs, le prix de l’uranium nigérien exporté serait « largement sous-évalué » par la filiale locale d’Areva, ce qui permettrait au groupe de ne pas payer d’impôts sur ses bénéfices au Niger, accusent les ONG.

Le rapport émet également des recommandations à chacune des entreprises dont il a étudié les déclarations, ainsi qu’à l’Union européenne et à la France pour réviser à la hausse le degré de transparence exigé.

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