Des surveillants pénitentiaires bloquent la prison de Fleury-Mérogis, le 10 avril 2017.
Des surveillants pénitentiaires bloquent la prison de Fleury-Mérogis, le 10 avril 2017. - AFP

Surpopulation carcérale, manque de personnels, agressions en série : les surveillants pénitentiaires de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis dans l’Essonne en ont ras le bol. Quelque 350 d’entre eux ont bloqué les grilles durant quelques heures lundi soir, pour protester notamment contre la récente agression de six gardiens dans la plus grande prison d’Europe.

Munis de pancartes « Au feu, la pénit' brûle », « Surpopulation, sous-effectifs, danger » et certaines invitant les candidats à la présidentielle à leur rendre visite, les manifestants ont dressé des barricades à partir de 19h30 sur l’unique avenue qui mène à la prison. Les gendarmes mobiles sont intervenus peu après 22h et ont repoussé les manifestants, à l’aide de gaz lacrymogènes puis de leurs boucliers, d’une première barricade faite de palettes de bois et de pneus qu’ils avaient enflammée.

L’intervention s’est déroulée sans heurts notables, les manifestants se contentant d’entonner La Marseillaise et le slogan « L’Etat contre l’Etat » face aux avancées des gendarmes mobiles. L’accès à la prison a été dégagé peu après 23h.

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Un rendez-vous entre l’intersyndicale et la direction mardi

Les syndicats ont annoncé qu’une réunion était prévue mardi à 14h entre l’intersyndicale (Ufap-Unsa Justice, CGT Pénitentiaire, FO Pénitentiaire) de Fleury et la direction de l’administration pénitentiaire. Ils ont aussi précisé qu’ils tiendraient également dans la matinée une « marche des oubliés de la République » dans la ville de Fleury-Mérogis.

La maison d’arrêt est actuellement remplie à 180 % de sa capacité. Elle accueille plus de 4.200 détenus et près de 150 postes de fonctionnaires sont vacants, selon les syndicats. « La situation est juste intenable. Cette agression, c’est la goutte d’eau de trop », a estimé Olivier Legentil, du syndicat Ufap-Unsa Justice (majoritaire).

« Les détenus sont de plus en plus jeunes et de plus en plus violents », a confié à l’AFP une gradée en poste depuis 15 ans à Fleury, sous couvert d’anonymat. « S’ils n’ont pas ce qu’ils veulent tout de suite, ils frappent le premier surveillant qui passe ». Jeudi, six gardiens de la prison ont été blessés par huit mineurs lors d’une altercation entre détenus qui a dégénéré en bagarre.

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