Des manifestants en Guyane le 28 mars 2017
Des manifestants en Guyane le 28 mars 2017 - JODY AMIET / AFP

Après qu’un policier a été sérieusement blessé vendredi, le collectif « Pou La Gwiyann dékolé » (« Pour que la Guyane décolle »), qui pilote le mouvement social agitant la Guyane depuis plus de deux semaines, a annoncé le blocage « total » du département à partir de lundi. Les barrages érigés dans les villes guyanaises seront ouverts dimanche de 7h à minuit, puis il y aura « fermeture totale jusqu’à nouvel ordre », avec interdiction, même pour les personnes voulant passer à pied, à moto ou à vélo, de les franchir, a annoncé l’un de ses cadres.

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« Stop aux barrages en Guyane »

Le commissaire Joël Terry, numéro 2 de la police en Guyane, a reçu samedi sur le seuil de sa chambre d’hôpital quelques dizaines de membres des « 500 frères contre la délinquance », très actifs durant la manifestation. Son geste a permis de tranquilliser les esprits.

Mais le durcissement du contrôle des barrages a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, où un fossé semble apparaître à propos du maintien du blocage. « Il n’est pas tolérable de se voir refuser le droit de circuler librement sur le territoire. Une partie de la Guyane a peur de s’exprimer », affirment les signataires d’une pétition en ligne qui a recueilli un millier de paraphes. De même, environ 700 internautes font désormais partie d’un groupe Facebook intitulé « Stop aux barrages en Guyane ».

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Une grève générale illimitée

La Guyane connaît depuis plus de deux semaines un mouvement social marqué par des revendications sécuritaires, sanitaires et éducatives. Une grève générale illimitée a été décrétée le 25 mars, paralysant l’activité économique. Le blocage du port de Cayenne provoque des pénuries, notamment celle de produits frais. Le Conseil des ministres a validé mercredi une aide d’urgence de plus d’un milliard d’euros à destination de ce département d’outre-mer sinistré. « Pou La Gwiyann dékolé » réclame 2,1 milliards supplémentaires.

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