La famille de Shaoyo Liu, un ressortissant Chinois tué dimanche par un policier, a maintenu, ce mercredi, sa version des faits, selon laquelle la victime n’a blessé personne, et a lancé un appel au calme après deux soirs d’incidents devant le commissariat du XIXe arrondissement de Paris.

« C’était un dimanche normal pour nous (…). Ce soir-là, notre vie a été bouleversée », explique la fille aînée de Shaoyo Liu.

La famille a lancé un appel au calme

Son père a été atteint à son domicile par le tir d’un policier alors qu’il agressait avec des ciseaux un autre agent, selon la police. Une version contestée par la famille qui affirme que le quinquagénaire « n’a blessé personne » et que l’homme, qui se trouvait avec ses enfants, était « en train d'écailler des poissons avec des ciseaux ». « On ne comprend toujours pas pourquoi les policiers ont tiré sur notre père », a affirmé Sabine lors d’une conférence de presse, souhaitée par la famille « pour lancer un appel au calme » selon l’un de ses avocats, Me François Ormillien.

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Elle était dans sa chambre et raconte que la « porte a commencé à toquer. De plus en plus vite. Mon père a essayé de retenir la porte (…). J’étais prise de panique. La porte s’est ouverte d’un coup et le coup est parti ». « Ils n’ont pas crié "police !", mon père était au sol, il n’a pas eu le temps de toucher le policier… », poursuit-elle. Selon la chronologie « présentée par les services de police » dans un communiqué de la préfecture de police, « dès leur entrée (…) monsieur Shaoyo Liu portait un coup à l’un des policiers avec une paire de ciseaux », le blessant à l’aisselle. « Alors que l’agresseur tentait de porter un nouveau coup au fonctionnaire blessé, un des policiers effectuait un tir de riposte. »

Les policiers ne sont « pas suspendus » mais « en repos »

Les enfants de la victime ont été entendus mardi par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la « police des polices », ainsi que sa femme qui n’était pas présente. A l’issue des auditions, les enquêteurs se sont rendus dans l’appartement afin de vérifier le récit des membres de la famille avec la configuration des lieux. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lu Kang a indiqué que « selon les informations que nous ont transmises les autorités françaises, le policier impliqué a été suspendu et fait l’objet d’une enquête ». Une information démentie par la préfecture de police de Paris : les fonctionnaires intervenus dimanche « ne sont pas suspendus », mais « en repos ».

Mardi soir,plusieurs centaines de manifestants s’étaient réunis devant le commissariat du XIXe arrondissement, aux cris de « police assassin » ou « injustice, injustice ». Une dizaine de personnes ont été interpellées. La veille, un rassemblement de 150 personnes avait dégénéré et 35 personnes interpellées. Ce mercredi, 19 personnes étaient toujours en garde à vue.