Attaque à Orly: Le patron d'Aéroports de Paris contre les fouilles à l'entrée des zones publiques

SECURITE Augustin de Romanet a en revanche préconisé d’étudier «à terme» l’utilisation du contrôle par la reconnaissance faciale dans les zones publiques des aéroports…

20 Minutes avec agence

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Des militaires de l'opération Sentinelle patrouillent à Roissy Charles de Gaulle, le 18 mars 2017.

Des militaires de l'opération Sentinelle patrouillent à Roissy Charles de Gaulle, le 18 mars 2017. — SIPA

« Faut-il oui ou non fouiller chaque personne à l’entrée de la zone publique ? Ma conviction est plutôt que non. » Le PDG d’Aéroports de Paris (ADP), Augustin de Romanet, s’est exprimé ce lundi sur France Inter, deux jours après l’attaque à l’aéroport d’Orly, qui a relancé le débat sur la sécurité dans les aérogares.

« Si vous fouillez à l’entrée de la zone publique (…) vous créez de nouvelles files d’attente, vous créez des abcès de fixation qui sont des cibles extraordinaires pour des terroristes potentiels. Est-ce qu’il faut créer des cibles à l’extérieur des aéroports ? Pour moi la réponse est non », a ajouté le PDG.

Les check-points ? « Pas réalisables en l’état actuel »

Il a également estimé que les contrôles effectués à plusieurs kilomètres de l’aéroport, comme c’est par exemple le cas à l’aéroport israélien Ben Gourion à Tel Aviv, seraient difficiles à généraliser car ils provoqueraient notamment d’énormes embouteillages.

Des « check-points placés à 5 ou 6 km de l’aéroport » ne sont « pas réalisables en l’état actuel » dans les aéroports parisiens, a ainsi estimé Augustin de Romanet, soulignant que l’aéroport de Tel Aviv accueille « moins de 6 millions de passagers par an » contre 66 millions pour Roissy-Charles-de-Gaulle et 30 millions pour Orly.

Utiliser la reconnaissance faciale

Le patron a en revanche préconisé d’étudier « à terme » l’utilisation du contrôle par la reconnaissance faciale dans les zones publiques des aéroports. Actuellement, cette méthode est déjà mise en place à l’aéroport d’Orly, où sont installées 2.000 caméras, mais seulement « pour contrôler les passeports ».

Il s’agirait désormais de « mettre à l’étude la mise en place de caméras (…) » pour comparer les visages avec les fichiers d’images d’individus jugés dangereux, a précisé à l’AFP Augustin de Romanet, soulignant toutefois que cette technique soulevait un « problème de libertés publiques » qu’il faut résoudre.