Le lycée Tocqueville à Grasse accueille 919 élèves en sections technologique et générale.
Le lycée Tocqueville à Grasse accueille 919 élèves en sections technologique et générale. - Claude Paris/AP/SIPA

Les élèves du lycée Tocqueville de Grasse n’iront pas en cours ce vendredi. La veille, un de leurs camarades, âgé de 16 ans, a ouvert le feu dans son lycée, blessant 14 personnes. Au lycée Tocqueville, les cours sont suspendus jusqu’à lundi pour les élèves. L’établissement ouvre ses portes dans la matinée pour accueillir ceux qui souhaitent bénéficier d’un soutien médico-psychologique. Beaucoup sont sous le choc.

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Le jeune homme, élève du lycée Alexis de Tocqueville à Grasse, est entré dans l’établissement aux alentours de 12h30, armé d’un fusil à pompe. Il a ouvert le feu sur trois élèves et le proviseur, qui s’est interposé pour faire cesser la fusillade. Dans le courant de l’après-midi de jeudi, les lycéens quittaient l’établissement, accompagnés de leurs parents, très bouleversés. Sonia, 42 ans, est la mère d’Inès, élève de première. « Imaginez, elle m’envoie un texto : "On va mourir, quelqu’un a un fusil, je t’aime maman. Adieu !" », raconte-t-elle.

« On était en plein contrôle. Il a shooté dans la porte et il est ressorti en s’excusant comme s’il cherchait quelqu’un, il avait un flingue devant, un derrière, un fusil de chasse et un pistolet », raconte Enobong, un élève de seconde. Jules, en 1re S, témoin oculaire de la fusillade, a cru tout d’abord à des « faux pétards puis des balles à blanc » jusqu’à ce qu’il voie le sang couler. Il décrit son lycée comme « déjà supersécurisé ».

Un penchant anarchiste

Les premiers éléments montrent le profil d’un jeune homme fasciné par les armes et la violence. Fils d’un élu municipal de droite de Grasse, l’auteur présumé de la fusillade, âgé de 16 ans en 1re L, est décrit par ses camarades comme un jeune homme mal intégré et comptant peu d’amis dans l’établissement. Les comptes à son nom sur Facebook et Twitter regorgent d’images morbides, dont certaines du massacre commis par deux lycées en 1999 dans un lycée de Columbine, qui avait fait 15 morts, dont ses deux auteurs.

Dans Le Parisien, un de ses amis de longue date, Sacha, l’a senti changer dans les dernières semaines. Sacha lui reproche « son penchant anarchiste ». « Je l’avais senti changé, il parlait politique et a commencé à dérailler », poursuit-il. « Il me parlait de tueries aux États-Unis comme celle de Columbine, mais jamais il ne m’a dit qu’il avait envie de faire pareil. Il disait que c’était des tarés. On n’admirait pas ces gens, on s’intéressait à leur psychologie. » Ses motivations « paraissent liées aux mauvaises relations qu’il entretiendrait avec d’autres élèves de ce lycée », a déclaré la procureure, excluant tout mobile terroriste. Le jeune homme a passé la nuit en garde à vue et pourrait être mis en examen pour tentatives d’assassinats.

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