Jeunes au pair: «Après une année d’immersion, ils sont presque bilingues»

INTERVIEW A l'occasion du Salon des séjours linguistiques qui a lieu samedi, Julie Danjoin, porte-paroles de l’Office de garantie des séjours linguistiques et éducatifs, revient sur les avantages de la formule...

Propos recueillis par Delphine Bancaud

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Illustration jeune fille au pair.

Illustration jeune fille au pair. — Pixabay/antranias

L’appel du large. Un tiers des jeunes de la génération 2010 ont effectué un séjour à l’étranger au cours de leurs études, selon une étude du Céreq et huit étudiants sur dix souhaitent aujourd’hui partir à l’étranger. Une des solutions pour y parvenir est de partir au pair. L’occasion de perfectionner son niveau de langue en s’occupant d’enfants. A l’occasion du salon des Séjours linguistiques qui a lieu ce samedi à Paris, 20 Minutes a interrogé Julie Danjoin, porte-parole de l’ Office de garantie des séjours linguistiques et éducatifs, qui explique les avantages de cette formule.

Pourquoi les séjours au pair ont-ils le vent en poupe ?

Parce que les étudiants sont plus que jamais conscients de l’importance de bien maîtriser une langue étrangère et savent que l’immersion au pair est un moyen très efficace pour y parvenir. Ils savent aussi que c’est la formule la moins coûteuse pour séjourner longtemps à l’étranger, car le jeune est logé, nourri, blanchi et qu’il dispose d’argent de poche (en moyenne 80 euros par semaine pour 25 heures de travail). Et si les jeunes partent en général de septembre à juin, il est aussi possible de partir au pair l’été, de la mi-juin à la fin août.

Quels sont les pays les plus porteurs pour ce type de séjours linguistiques ?

L’Angleterre, les Etats-Unis et l’Australie offrent le plus d’opportunité car les familles sont très en demande de jeunes au pair. Mais les trois quarts des Français partent en Angleterre parce que c’est moins loin.

Quelles sont les conditions pour partir ?

Il faut être âgé de 18 à 26 ans et avoir un niveau correct dans la langue du pays. Et ce afin de pouvoir tenir une conversation avec sa famille d’accueil. Il faut aussi justifier d’une expérience de baby-sitter. Le Bafa est évidemment un plus pour être sélectionné.

Les jeunes hommes au pair sont-ils plus nombreux aujourd’hui ?

Pas franchement, car seulement 5 % des familles acceptent un jeune homme.

Quel est l’intérêt de passer par un organisme pour partir au pair ?

Parce que l’organisme va vérifier votre motivation et vos compétences en langues, va vous aider à préparer votre entretien avec la famille, puis à organiser votre voyage. Et une fois sur place, s’il vous arrive un problème, il est possible de contacter un correspondant local qui va intervenir. Quant au choix de l’organisme, mieux vaut en sélectionner un qui ait adhéré à l’Union française des agences au pair (UFAAP).

Quelles tâches incombent à un jeune au pair et quelles sont celles qui ne peuvent pas lui être imposées ?

Ses tâches doivent être uniquement liées aux enfants : les emmener à l’école, les aider à faire leur devoir, préparer leurs repas, éventuellement gérer leur lessive et le repassage de leurs vêtements. Mais on ne peut lui demander de faire le ménage de la maison ou de ranger la chambre des parents. Mais s’il veut débarrasser le couvert, comme le ferait un invité poli, pas de souci !

Et quel est son temps de travail ?

Il varie selon les pays et ce qui a été convenu avec la famille. Mais cela va de 25 heures par semaine à 45 heures (aux Etats-Unis). Très souvent, le jeune au pair dispose de tout le week-end de libre. Mais à défaut, il doit en avoir un de totalement libre par mois.

Au final, quels sont les bénéfices d’un tel séjour d’après les jeunes qui en sont revenus ?

Après une année d’immersion, ils sont presque bilingues. Ils ont aussi découvert une autre culture, ce qui leur a permis de gagner en ouverture d’esprit. Et pour ceux qui ont pris une année de césure dans leur cursus, ils sont souvent reboostés pour leurs études.

Et de quels inconvénients vous parlent-ils ?

Ils évoquent parfois leur différence de conception de l’éducation avec les parents de la famille. Ce qui peut tendre les relations. Et certains évoquent la nourriture du pays qu’ils n’ont pas franchement appréciée !

*Salon des séjours linguistiques et des voyages scolaires, samedi 18 mars au Salon des séjours linguistiques, au Lycée Henri IV, 1 rue Clotilde 75005 Paris, de 10 à 18h. Entrée libre et gratuite. Plus d’informations sur salon.loffice.org. Conférence à 16h30 sur la thématique « Séjour au pair ».

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