La clause Molière vise à imposer l'usage du français sur les chantiers publics.
La clause Molière vise à imposer l'usage du français sur les chantiers publics. - A. GELEBART / 20 MINUTES

Une « instrumentalisation » politique, une clause « purement électoraliste »… Après les élus de gauche, ce sont les syndicats qui sont montés au créneau ce mardi pour fermement condamner la clause Molière qui vise à imposer l’usage du français sur les chantiers publics.

Philippe Martinez, numéro un de la CGT, a déclaré ce mardi que cette clause était « plus que » populiste. « C’est la marche vers la préférence nationale », a-t-il regretté sur France Inter. « On suit les traces du Front national et c’est absolument scandaleux », a ajouté le secrétaire général de la CGT.

Une mesure « à l’encontre de la liberté de circulation »

La CFDT a de son côté qualifié d'« inacceptable » cette mesure, en accusant les collectivités territoriales d'« instrumentaliser » la sécurité des salariés. « L’objectif est de limiter l’accès de certaines entreprises aux marchés publics sous prétexte d’assurer une bonne compréhension des règles de sécurité. Certains secteurs, comme le bâtiment, sont pourtant des secteurs d’intégration, pour des salariés étrangers depuis plusieurs décennies », relève la CFDT dans un communiqué.

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« Imposer le français pour intervenir sur les chantiers va à l’encontre de la liberté de circulation des salariés, notamment dans le cadre du détachement », ajoute la CFDT qui réclame d’autres mesures comme « la mise à disposition d’un interprète », la révision de la directive européenne sur les travailleurs détachés, le développement de la carte professionnelle pour les salariés du bâtiment et de la lutte contre le travail dissimulé.

Même le numéro un du Medef, Pierre Gattaz, a confié ce mardi avoir un avis « mitigé » sur la « clause Molière », mettant en garde contre la « dérive nationaliste » à laquelle cela pouvait conduire.

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