Fritz-Joly Joachin à son arrivée le 20 janvier 2015 au d'Haskovo en Bulgarie
Fritz-Joly Joachin à son arrivée le 20 janvier 2015 au d'Haskovo en Bulgarie - Nikolay Doychinov AFP

Nouvelles condamnations dans des affaires liées au terrorisme. Le tribunal correctionnel de Paris a condamné ce vendredi à sept et neuf ans de prison un proche des frères Kouachi et un « vétéran » du djihad, lié à la filière des Buttes-Chaumont, qui avaient été interceptés fin 2014 sur le chemin de la Syrie. Ils avaient été arrêtés l’un en Bulgarie, l’autre à la frontière turco-syrienne.

Ces peines sont assorties d’une période de sûreté des deux tiers. Ils sont également inscrits au fichier des auteurs d’infractions terroristes.

Chekhou Diakhabi, un « récidiviste de fait »

Trentenaire, Chekhou Diakhabi avait été capturé en 2004 par les forces américaines à Falloujah, bastion d’Al-Qaïdaen Irak à l’époque. Il était alors âgé de 19 ans. Condamné à sept ans de prison en Irak pour franchissement illégal de la frontière, il avait été libéré en 2011.

Dans son réquisitoire, le procureur l’avait décrit comme « un vétéran du djihad », un « récidiviste de fait », « un revenant d’Irak qui veut partir en Syrie ». Ancien employé dans un grand hôpital parisien, il avait des liens avec la filière dite des Buttes-Chaumont, du nom de ce parc situé dans le nord-est de Paris.

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Resté muet pendant l’instruction, il a soutenu face à un tribunal correctionnel de Paris, sceptique, qu’il voulait aller en Turquie pour faire du tourisme. Il a par ailleurs refusé d’évoquer l’Irak et contesté les déclarations du consulat de France qui lui avait rendu visite lorsqu’il y était emprisonné, selon lesquelles il était alors « dans l’optique de tuer des Américains ».

Fritz-Joly Joachin, une connaissance de Chérif Kouachi

Fritz-Joly Joachin, 30 ans, avait, lui, été arrêté alors qu’il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt pour « soustraction d’enfant ». Inquiète de ne pas le trouver à l’aéroport au retour d’un voyage, et constatant que son téléphone ne répondait plus, son épouse avait en effet signalé, la veille de l’arrestation, une « disparition inquiétante ». A l’audience, il a expliqué qu’il voulait « aider la communauté syrienne » et accueillir des orphelins.

Interrogé sur ses nombreux contacts téléphoniques avec Chérif Kouachi, l’un des auteurs de l’attentat meurtrier de Charlie Hebdo, il a affirmé qu’ils étaient en relation car ils vendaient des vêtements « au black ».

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