Expatriation: Les galères à affronter quand vous décidez de revenir vivre en France

Voyage voyage Pas facile de comprendre toutes les subtilités de la France quand on a vécu longtemps à l’étranger…

Nicolas Raffin

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Aéroport d'Orly, le 8 avril 2015

Aéroport d'Orly, le 8 avril 2015 — Thomas Samson AFP

Alors que le salon « S’expatrier – Mode d’emploi » se tient ce vendredi à la Cité Universitaire de Paris, 20 Minutes a décidé de s’intéresser aux conditions de retour des Français ayant travaillé à l’étranger. Par nécessité professionnelle, familiale, voire tout simplement à cause du mal du pays, il faut parfois faire ses bagages et revenir au pays.

Pourtant, à leur arrivée, les expatriés peuvent parfois se sentir complètement perdus dans les démarches à accomplir.Dans un rapport paru en juillet 2015, la sénatrice Hélène Conway-Mouret parlait même d’un « combat administratif pour redevenir Français ». Si des améliorations ont depuis été apportées, plusieurs points restent délicats :

  • (Re) trouver un logement

« C’est la première source d’angoisse des expatriés » explique Anne-Laure Fréant, auteure du Guide de retour en France. Auto-entrepreneuse, elle a elle-même réalisé plusieurs séjours au Canada avant de revenir en métropole en 2014.

Elle décrit les nombreux témoignages collectés pour son ouvrage : « ceux qui reviennent n’ont pas forcément un CDI, ce qui complique déjà la recherche de logement. Ensuite, il faut faire reconnaitre des fiches de paie qui sont parfois dans une autre monnaie que l’euro, même chose pour les avis d’imposition. Au final, beaucoup d’expatriés doivent trouver un logement temporaire. »

Pour Hélène Conway-Mouret, ce problème a été normalement résolu depuis 2016 : « les justificatifs étrangers [feuille d’imposition, salaire, etc.], traduits en français, sont acceptés. C’est un gros changement car les propriétaires ne peuvent plus utiliser cette excuse pour refuser des dossiers. » explique-t-elle à 20 Minutes.

  • Obtenir de nouveaux papiers

Les expatriés doivent également faire face aux difficultés administratives. Pour le président délégué de l’Union des Français de l’Etranger (UFE), François Barry Delongchamps, « l’administration a besoin de mettre les gens dans des cases. Par exemple, vous voulez inscrire vos enfants à l’école. Mais comme ils n’étaient pas scolarisés en France, cela peut poser problème, les enfants ne seront pas considérés comme étant éligibles ».

De même, les démarches pour se réinscrire à la Sécurité sociale et obtenir la Carte vitale peuvent en effrayer plus d’un. Suite au rapport sénatorial de 2015, un outil a vu le jour pour aider les expatriés en amont. Il s’agit d’un simulateur en ligne baptisé « Retour en France ». Lancé en février 2016, il se présente sous forme d’un questionnaire rapide qui propose ensuite des liens et des articles personnalisés pour aider les expatriés à mieux gérer leur rentrée en France. « Cela a permis de combler un déficit d’information » explique Hélène Conway-Mouret.

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  • Retrouver un emploi

Selon le rapport de la sénatrice, qui se base sur plus de 2.700 réponses de Français installés à l’étranger et prévoyant leur retour, l’emploi représente une préoccupation majeure pour 54 % d’entre eux. Beaucoup ont des contrats locaux et se retrouvent donc au chômage une fois qu’ils ont atterri en France.

Autre souci, la mise en avant des expériences acquises dans un autre territoire. « Ce n’est pas un casse-tête nouveau, analyse Anne-Laure Fréant, cela dépend beaucoup des métiers. Ce qui est compliqué à valoriser, ce sont des métiers tels que « chefs de mission « chef de projet », des titres qui ne veulent pas forcément dire la même chose suivant les pays ».

  • Digérer le « choc » du retour

L’aspect « affectif » de l’arrivée en France doit aussi être pris en compte. « Il y a quelque chose à améliorer au niveau de l’accompagnement psychologique, affirme Anne-Laure Fréant. Je me suis retrouvée quasiment sans rien chez mes parents pendant quelques mois, une sorte de retour à l’enfance. Psychologiquement, ce retour a été mal vécu : j’ai eu l’impression de faire un bond en arrière. »

Pour François Barry Delongchamps, on peut remédier à ce coup de blues « par la convivialité, par l’entraide. On écoute les gens, on les comprend, on peut les mettre en relation ». Une sorte de thérapie de groupe qui se développe également sur Facebook :le groupe créé par Anne-Laure Fréant compte 7.200 membres qui viennent partager leurs doutes ou leurs solutions pour bien vivre son retour en France.

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