VIDEO. Présidentielle: Que pensent les candidats de l'état d'urgence si décrié par Amnesty?

TERRORISME « 20 Minutes » a recensé les positions des principaux candidats à la présidentielle sur l’état d’urgence, dénoncé, ce mercredi par Amnesty International…

V.V.

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Illustration de militaires français participant à l'opération Sentinelle à Paris, le 16 novembre 2015.

Illustration de militaires français participant à l'opération Sentinelle à Paris, le 16 novembre 2015. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

« Le risque est que la France s’habitue à ce que des droits (…) soient remis en cause. » Dans un rapport rendu public, ce mercredi matin, Amnesty International n’y va pas par quatre chemins pour dénoncer  l’état d’urgence en vigueur en France, depuis les attentats de novembre 2015.

>> Amnesty: «L'état d'urgence est injustifiable et inefficace»

Alors que la France s’apprête à vivre, dans deux mois environ, une élection présidentielle sous la menace terroriste, 20 Minutes a fouiné dans les propositions des principaux candidats pour savoir ce qu’ils pensent de l’état d’urgence. Revue des troupes…

  • Benoît Hamon

C’était le sujet majeur qui opposait Benoît Hamon à Manuel Valls lors de la primaire de la gauche. Dans une interview au Monde, début janvier, celui qui est désormais le candidat désigné expliquait qu’on peut « envisager, à court terme, d’en finir avec l’état d’urgence », précisant même qu’un « état d’urgence qui dure éternellement n’a pas de sens ».

>> Pour Hamon, on ne gagne pas une présidentielle «sur un bilan»

Attaqué par Manuel Valls pour son laxisme supposé en matière de sécurité, Benoît Hamon avait voté, en novembre 2015 à l’Assemblée nationale, pour la mise en place de l’état d’urgence. En revanche, il s’était abstenu lors du vote du projet de loi portant sur la lutte antiterroriste de 2016.

  • Jean-Luc Mélenchon

Il n’est ni député, ni sénateur. Mais si, en novembre 2015, Jean-Luc Mélenchon avait dû voter l’état d’urgence après les attentats, il « pense » qu’il ne l’aurait pas fait. « Aucun pays au monde n’a jamais tiré de bénéfice en matière de sécurité de la réduction de ses libertés », arguait-il à l’époque.

La position du leader de la « France insoumise » n’a pas vraiment changé.Lors de la présentation de son programme sur YouTube, samedi, il a indiqué qu’il refusait l’état d’urgence permanent auquel il préfère la création de 10.000 postes d'agents de police de proximité, destinés à remplacer les militaires chargés de l’opération Sentinelle.

  • Marine Le Pen

La candidate du Front national est favorable à l’état d’urgence et à sa prolongation, à condition qu’il ne soit pas « bidon ». Très critique envers le gouvernement de Manuel Valls en 2016, elle expliquait alors ne pas comprendre que des manifestations (contre la loi Travail notamment) engendrent des violences dans un pays qui est alors soumis à un état d’urgence.

« En situation d’état d’urgence, il n’y a pas de manifestation », martelait-elle le 20 mai 2015 sur Europe 1. Sauf qu’elle oubliait, un peu facilement, au passage que son père a lui-même organisé la manifestation du 1er mai et que ses soutiens, Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard, ont eux-mêmes participé à des manifestations en soutien des policiers…

  • François Fillon

Emotion palpable pour François Fillon au lendemain del’attentat de Nice. Interrogé à ce propos, celui qui n’était pas encore le candidat à la présidentielle de la droite et du centre estimait que l’état d’urgence n’est « pas suffisant ».

« Je pense même que ça ne suffit pas et qu’il faut utiliser tous les instruments de notre droit, et en particulier de notre Code pénal, pour prévenir au maximum des attentats comme celui qui vient d’être commis. »

  • Emmanuel Macron

Le trublion de la gauche commence à présenter les grandes lignes de son programme. Difficile donc d’y voir clair sur sa position concernant certains sujets, au premier titre desquels la sécurité.

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Sur l’état d’urgence, il faut se fier à son livre (Révolution, Editions XO, 17,90€). Et notamment à son chapitre 13 intitulé « Protéger les Français ». Il y a indiqué qu’il souhaite une sortie « rapide » de l’état d’urgence tout en promettant la reconstruction du renseignement territorial sur les modèles britannique et américain.

  • Nicolas Dupont-Aignan

Pour le candidat de Debout la République, l’état d’urgence n’a rien « d’extravagant ». Rappelant qu’il avait été mis en place en 2005 lors de l’épisode de violences urbaines ayant suivi la mort de Zyed et Bouna à Clichy-sous-Bois, Nicolas Dupont-Aignan est favorable au maintien de l’état d’urgence.

Il propose aussi pour améliorer la sécurité de « détruire les trafics d’armes et de drogue (…) qui pourrissent les quartiers et constituent un terreau vivace pour le crime, crapuleux comme fanatisé. »