Un peu plus de six mois après Nice et Saint-Etienne-du-Rouvray, l’attaque de militaires à Paris ce vendredi matin fait ressurgir de nouveau les craintes d’attaques terroristes.

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« Je suis surprise qu’il ne se soit rien passé avant »

Depuis les attentats de janvier et de novembre 2015 à Paris, la menace n’a jamais évolué. Elle est toujours aussi élevée. L’opération Sentinelle a permis au Louvre « d’empêcher sans doute un acte dont le caractère terroriste ne fait guère de doute », a expliqué en milieu d’après-midi François Hollande. Et d’ajouter : « La menace, elle est là, elle demeure et nous devons y faire face ». Ce que confirmait la semaine dernière François Molins, le procureur de la République de Paris, sur Europe 1 : « La menace est toujours aussi forte ».

« Je suis même surprise qu’il ne se soit rien passé avant », indique à 20 Minutes Béatrice Brugère, secrétaire générale du syndicat FO Magistrats. Selon elle, la France doit faire face à une menace terroriste qui peut prendre de multiples formes.

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« Ce sont toujours les mêmes scénarios : d’un côté, des attentats coordonnés organisés au millimètre, de l’autre, des gens qui passent à l’action de façon individuelle. » Comme l’attentat de Nice, ou vraisemblablement, l’assaillant du Louvre, dont l’action semblait peu préparée.

C’est cette deuxième catégorie qui reste la plus complexe à identifier et à déjouer pour les services de renseignements : ces actions solitaires sont presque impossibles à détecter en amont.

Le Louvre, cible facile

« La seule solution, c’est la présence physique de forces de sécurité pour désarmer ces hommes », assure Béatrice Brugère.

Le Louvre était une cible logique et facile. « Pour un acte assez insignifiant, on a des retombées médiatiques et touristiques. Je parie que demain, il y aura beaucoup moins de monde dans le Carrousel du Louvre », analyse la magistrate.

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Les touristes comme les Français vont devoir s’habituer à vivre en état d’urgence. « Cette menace devrait durer des années », estime Alain Rodier, directeur de recherche au Centre français de recherche sur le renseignement.

Et pour cause. François Molins évoque « la menace présente avec les retours : tous ces gens survivants du conflit irako-syriens susceptibles de rentrer chez eux. ». A ce jour, 693 Français - dont 288 femmes et 20 mineurs - sont identifiés comme combattants dans les rangs des djihadistes de daesh. Au total, quelque 1.200 personnes sont dans le viseur de la justice française, dont 355 ont été mises en examen.

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Malgré tout, « la France a fait preuve d’une bonne résilience jusqu’à aujourd’hui. Et nous sommes encore loin d’être un pays en guerre comme Israël ou la Palestine », insiste Béatrice Brugère.

L’attaque du Louvre intervient deux ans jour pour jour après l’attaque au couteau de trois militaires en faction devant un centre communautaire juif de Nice, par un homme qui avait été aussitôt arrêté.