Le chômage a baissé en 2016, mais pour les jeunes c'est la galère

EMPLOI Les moins de 25 ans sont touchés par un « surchômage » tenace…

A.B.

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Une demandeuse d'emploi à Pole Emploi à  Marseille,  24 février 2015.

Une demandeuse d'emploi à Pole Emploi à Marseille, 24 février 2015. — (AP Photo/Claude Paris)

On l’aura longtemps attendue, mais malgré un mauvais mois de décembre, l’inversion de la courbe du chômage, tant promise par François Hollande, s’est bel et bien concrétisée en 2016, Pôle emploi enregistrant sa première baisse annuelle depuis 2007. Mais ces chiffres ne reflètent pas les difficultés rencontrées spécifiquement par les jeunes pour trouver un emploi.

Une tendance « favorable »

L’année dernière, le nombre de chômeurs a baissé de 107.400 personnes (-3,0 %) en métropole, selon les chiffres du ministère du Travail. L’indicateur n’avait plus reculé sur une année civile depuis la crise financière. « Cette tendance est clairement favorable », s’est félicitée Myriam El Khomri dans un communiqué, la ministre du Travail se réjouissant de cette embellie qui intervient « après huit années consécutives de hausse ».

2016 aura donc été l’année de « l’inversion de la courbe du chômage », mais les résultats sont arrivés « plus tard que je ne les avais prévus », concédait François Hollande lors de ses vœux du Nouvel An, un mois après avoir renoncé à briguer un second mandat. Initialement annoncée pour 2013, la fameuse « inversion » se sera finalement concrétisée trois ans plus tard.

Un « surchômage » tenace

Mais cette embellie ne semble pas profiter à tout le monde. Et selon un rapport remis ce mardi à la ministre du Travail, élaboré en concertation avec les syndicats par France Stratégie (rattaché à Matignon) et la Dares (le service des statistiques du ministère du Travail), les jeunes sont les plus à la peine en matière d’emploi. Taux d’activité faible, « surchômage » persistant et proportion élevée de décrocheurs :le marché du travail est difficilement accessible aux jeunes en France, où leur insertion professionnelle est plus problématique que chez les voisins européens.

En pratique, cela donne un taux de chômage des jeunes multiplié par 3,5 depuis ces quarante dernières années et qui atteint 24 % en 2016 pour les moins de 25 ans. Soit une cinquième position peu glorieuse sur les 16 pays étudiés, derrière la Grèce, l’Espagne, l’Italie et le Portugal.

Le taux d’activité des 15-24 ans n’est pas très reluisant non plus. Il est inférieur de 4,5 points à la moyenne européenne pour 2015 et atteint 15 %. Un chiffre toutefois en légère hausse, quoique bien en deçà de l’Allemagne et les Pays-Bas, où l’apprentissage a plus la cote.

Par ailleurs, s’agissant des « NEET » (Not in Education, Employment or Training), les jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation, leur proportion reste par ailleurs plus élevée (15 %) en France que dans les pays scandinaves et en Allemagne. Autant d’éléments qui rendent tenace le « surchômage » qui frappe les jeunes Français lors leur arrivée sur le marché du travail, et qui les suit sur « plus d’une dizaine d’années », selon le rapport.

 

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