Omer Güney, assassin présumé de trois militantes kurdes à Paris, meurt avant son procès

JUSTICE Le suspect est décédé ce samedi matin dans dans un hôpital parisien, selon une source judiciaire…

C.P. avec AFP

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Un poster accroché le 9 janvier 2014 sur la façade de la Mairie du 10eme arrondissement avec les portraits de Sakine Cansiz, figure historique du mouvement rebelle du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et proche de son fondateur Abdullah Ocalan et les deux autres militantes kurdes Fidan Dogan et Leyla Saylemez tuées par balles le 9 janvier 2013, dans les locaux du Centre d'information kurde (CIK) qui se trouvent dans le 10eme arrondissement

Un poster accroché le 9 janvier 2014 sur la façade de la Mairie du 10eme arrondissement avec les portraits de Sakine Cansiz, figure historique du mouvement rebelle du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et proche de son fondateur Abdullah Ocalan et les deux autres militantes kurdes Fidan Dogan et Leyla Saylemez tuées par balles le 9 janvier 2013, dans les locaux du Centre d'information kurde (CIK) qui se trouvent dans le 10eme arrondissement — Arnaud GUILLAUME/SIPA

Le procès d’Omer Güney n’aura pas lieu. L’assassin présumé de trois militantes kurdes à Paris en janvier 2013, est mort ce samedi matin à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpétrière, avant son procès devant la cour d’assises, a appris l’AFP de source judiciaire.

Atteint d’une grave maladie au cerveau, cet homme de 34 ans de nationalité turque était le seul suspect renvoyé devant la cour d’assises spéciales de Paris pour les « assassinats en relation avec une entreprise terroriste ».

>> A lire aussi : Meurtre de trois militantes kurdes à Paris: L'accusé renvoyé devant les assises

Colère et consternation des familles des victimes

Les avocats des parties civiles ont fait part dans un communiqué de la « colère des familles des victimes, privées d’un procès public qu’elles attendaient depuis près de quatre années, familles, qui elles, espéraient en la justice française ».

Ils ont exprimé leur « consternation de voir qu’une fois de plus, la France n’est toujours pas capable de juger un crime politique commis sur le territoire français par des services secrets étrangers », selon ce communiqué signé des avocats Sylvie Boitel, Antoine Comte, Virginie Dusen, Jan Fermon et Jean-Louis Malterre.

Les enquêteurs français avaient conclu à « l’implication » de membres des services secrets turcs, le MIT, dans ce triple assassinat, selon une source proche du dossier.

Mais les investigations n’avaient pas permis d’établir si ces agents ont agi « avec l’aval de leur hiérarchie » ou "à « 'insu de leur service afin de le discréditer ou de nuire au processus de paix », entamé à l’époque entre Ankara et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), a ajouté la source.

Durant l’instruction, Omer Güney avait nié les faits

Omer Guney avait été arrêté huit jours après le triple meurtre et mis en examen, le 21 janvier 2013, pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste » dans l’enquête sur le meurtre de trois militantes kurdes, le 9 janvier 2013, rue la Fayette (10e).

Durant l’instruction, Omer Güney a nié les faits malgré de nombreux éléments à charge : la vidéosurveillance l’a filmé entrant dans l’immeuble du CIK peu avant les crimes, l’ADN d’une des victimes a été retrouvée sur sa parka et sa sacoche contenait des traces de poudre.

L’accusé, ancien agent d’entretien à l’aéroport de Roissy, s’était rapproché fin 2011 d’associations kurdes en région parisienne. Décrit par ses proches comme un turc ultranationaliste, il avait infiltré cette mouvance « dans un but de surveillance et d’espionnage » avec pour mission « d’éliminer des cadres du PKK », d’après la source proche du dossier. Les services secrets turcs ont officiellement démenti en janvier 2014 tout rôle dans les assassinats.

Les trois femmes, dont Sakine Cansiz, membre fondatrice du PKK, ont été tuées le 9 janvier de plusieurs balles dans la tête alors qu’elles se trouvaient au Centre d’information du Kurdistan, à Paris. Ce triple meurtre est intervenu en pleine négociation entre le gouvernement turc et Abdullah Öcalan, le chef emprisonné du PKK, pour tenter de trouver une solution politique à un conflit qui a fait plus de 40.000 morts depuis 1984.

>> A lire aussi : Fin de l'enquête sur l'assassinat de 3 militantes kurdes à Paris en 2013

 

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