Ecoles publiques, hors contrat, Montessori, Freinet...Comment se repérer entre les différentes écoles alternatives

EDUCATION Ces établissements sont de plus en plus prisés par les familles...

Delphine Bancaud

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Une école Montessori à Lincoln aux USA.

Une école Montessori à Lincoln aux USA. — KRISTIN STREFF/Lincoln J/AP/SIPA

De plus en plus de parents sont tentés par les écoles alternatives (Montessori, Freinet, Steiner, Decroly, écoles d’inspiration écologique…) Elles sont parfois privées, parfois publiques et n’ont pas la même approche pédagogique. Difficile de se repérer pour les parents. 20 minutes vous guide.

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Que signifie une école « sous contrat » ?

La majorité des écoles privées françaises sont « sous contrat avec l’état ». C’est le cas de quelques écoles Montessori par exemple. Cela signifie que l’Etat prend en chargele salaire des enseignants et une partie de ses frais de fonctionnement. Ces écoles s’engagent en retour à suivre le programme fixé par l’Education nationale et acceptent d’être contrôlés par l’Etat. Mais ces établissements jouissent d’une réelle liberté dans l’organisation des règles de vie au sein de leur structure. Et elles ne sont pas soumises à la carte scolaire et elles peuvent sélectionner les élèves selon leurs propres critères. Elles ont aussi la latitude de recruter les enseignants de leur choix, qui ont reçu la même formation que ceux du public. Comme ces écoles sont soutenues par l’Etat, les frais de scolarité demandés aux élèves restent accessibles.

Quelle est la différence avec une école « hors contrat » ?

Une école « hors contrat » est totalement indépendante. C’est le cas d’une majorité d’écoles Montessori et de la totalité des écoles Steiner, par exemple. Ces établissements ne bénéficiant d’aucune aide de l’Etat, doivent s’autofinancer pour payer leurs locaux, les salaires des enseignants, le matériel pédagogique… Ce qui implique des frais de scolarité très élevés pour les familles. Ces écoles ne sont pas tenues de suivre les programmes de l’Education nationale. Mais l’enseignement ne doit rien comporter « de contraire à la République et au respect des lois » et les élèves doivent maîtriser le socle commun de connaissance. Elles recrutent aussi les enseignants qu’elles souhaitent et n’exigent pas systématiquement d’eux un diplôme spécifique. L’ouverture d’un tel l’établissement peut être refusé si l’administration considère qu’il y a une atteinte aux « bonnes mœurs », « trouble à l’ordre public » ou que les conditions d’hygiène ne sont pas réunies. Et une fois l’école ouverte, les services de l’Education nationale peuvent y mener des inspections.

C’est quoi une école Montessori ?

Selon le ministère de l’Education, contacté par 20 Minutes, il existe actuellement 130 écoles Montessori (dont 120 hors contrat et 10 sous contrat). Ces écoles se concentrent sur le niveau maternel et primaire. L’association Montessori France en estampille une centaine. Pour y enseigner, il faut être titulaire du diplôme d’éducateur AMI. Les enfants sont mélangés par classe d’âge (3-6 ans et 6-12 ans). Ces écoles entretiennent l’héritage pédagogique de Maria Montessori, une médecin italienne qui avait théorisé sur le processus d’apprentissage des enfants après avoir été thérapeute d’enfants laissés en asile. « C’est une pédagogie personnalisée, qui respecte le rythme de chaque enfant et qui favorise l’éveil sensoriel », explique Danièle Duvivier, administratrice de l’association Montessori France. Elle fait la part belle à la manipulation et à l’expérimentation pour susciter le goût d’apprendre. Les enfants ont le choix de leurs activités et l’enseignant est là pour accompagner leurs apprentissages en tant qu’autorité bienveillante. « Cette pédagogie favorise vraiment l’autonomie et la confiance en soi », souligne Danièle Duvivier.

Et quésaco une école Waldorf-Steiner ?

Selon le ministère de l’Education, contacté par 20 Minutes, il existe actuellement 20 écoles Steiner dont 6 proposent un niveau collège-lycée. Ces établissements perpétuent la pensée du philosophe autrichien, Rudolf Steiner, fondateur de l’anthroposophie. Ce réseau d’écoles forme lui-même ses enseignants. Cette pédagogie met l’accent sur les activités artistiques et manuelles (dessin, musique, travail du bois, jardinage…) pour développer la créativité de l’enfant. Elle insiste aussi beaucoup sur l’ouverture sur le monde, avec l’apprentissage de deux langues vivantes dès le CP, ainsi que des stages de découvertes du monde professionnel à la fin du secondaire. Les enfants ne sont pas notés. « C’est un modèle tourné vers l’épanouissement de l’enfant, la qualité de ses relations sociales et son autonomie », souligne Nicolas Go, maître de conférences en Sciences de l’éducation à l’université de Rennes 2.

Quid de la pédagogie Freinet ?

Elle porte le nom de l’institut Célestin Freinet. Elle repose sur la coopération éducative entre le maître et l’élève, l’expression libre et l’expérimentation. Elle vise à rendre les enfants autonomes dans leurs apprentissages et solidaires entre eux. Ils participent à l’élaboration de leur emploi du temps, ils ne sont pas notés et participent à des projets collectifs et à des sorties extrascolaires. Dans ces écoles, chaque enfant apprend à son rythme. « Il n’est pas considéré comme une machine à apprendre et son bien-être est une priorité. L’enseignant garde une position discrète, tout en refusant aussi bien l’autoritarisme que le laxisme », décrit Nicolas Go. Selon le ministère de l’Education, contacté par 20 Minutes, il existe actuellement « 22 écoles publiques dédiées à la pédagogie Freinet, mais l’ICEM (Institut coopératif de l’école moderne) Freinet indique que 3.000 à 5.000 enseignants travaillent avec des méthodes Freinet, sans être dans une école qui soit affichée Freinet ». Le primaire est le niveau le plus concerné.