Islamisme radical: Une association d’aide aux détenus musulmans dissoute par le gouvernement

SEINE-ET-MARNE «Sous couvert d’un soutien matériel dispensé à des détenus de droit commun ainsi qu’à leurs familles, l’association encourageait la radicalisation de ces derniers », a estimé le ministre de l’Intérieur…

20 Minutes avec agences

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Illustration prison.

Illustration prison. — ROBYN BECK AFP

Le gouvernement a tranché. Sanabil, une association d’aide aux prisonniers musulmans créée en 2010 et basée en Seine-et-Marne, a été dissoute ce mercredi par le gouvernement pour ses liens présumés avec l’islamisme radical.

La dissolution a été actée en Conseil des ministres, sur le fondement d’un article du code de la sécurité intérieure sur les associations qui « appellent à la haine ou à la violence, ou qui se livrent à des agissements susceptibles de provoquer des actes terroristes », a annoncé le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll.

« Encouragement » à la radicalisation, « sympathie » envers des djihadistes…

Pour le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui a pris le décret de dissolution, « sous couvert d’un soutien matériel dispensé à des détenus de droit commun ainsi qu’à leurs familles, l’association encourageait la radicalisation de ces derniers durant leur séjour carcéral pour les rallier à la cause djihadiste ». En outre, « les publications sur internet de l’association manifestent de la sympathie envers certains individus en lien avec la mouvance terroriste la plus radicale ».

Sanabil apparaît dans l’enquête sur les attentats de novembre 2015

Selon le ministre, « plusieurs anciens dirigeants ou anciens membres de l’association » ont d’ailleurs « rejoint la zone de combat irako-syrienne » et Sanabil « facilitait les rencontres entre des jihadistes radicaux et des individus moins impliqués dans le but d’influencer ces derniers ».

Le nom de l’association apparaît également à plusieurs reprises dans l’enquête sur les attentats de novembre 2015 à Paris et aux abords du Stade de France, dans le cadre des investigations sur d’éventuels liens entre des personnes gravitant dans l’environnement de Sanabil et des protagonistes des attaques jihadistes.

Une décision « injuste », selon le président de l’association

« On va utiliser tous les moyens légaux possibles afin de contester cette décision injuste », a réagi auprès de l’AFP le président de Sanabil, Antho Bolamba, assigné à résidence depuis un an.

D’après lui, l’action de l’association se borne à soutenir « 750 détenus dans onze pays », en faisant parvenir de la documentation religieuse ou en envoyant occasionnellement de l’argent aux indigents pour qu’ils puissent cantiner. Elle fournit aussi un soutien, financier parfois, aux familles de détenus.