Un incroyable piratage fait chuter Vinci en bourse, l’AMF va mener des investigations

ENTREPRISE L’action du groupe de BTP a fortement dévissé ce mardi après-midi, perdant plus de 18 %… 

H. B. avec AFP

— 

Illustration Vinci

Illustration Vinci — JACQUES DEMARTHON / AFP

La liste des grands groupes victimes de piratage informatique s’allonge. Un faux communiqué de presse envoyé ce mardi après-midi aux médias a fait dégringoler l’action de Vinci en bourse. Dans ce document, les hackers affirmaient que des irrégularités comptables sur quelque 3,5 milliards d’euros venaient d’être découvertes à la suite d’un audit interne chez ce géant  du Cac 40. Et qu’en conséquence, le directeur financier du groupe avait été licencié.

La Bourse a aussitôt réagi. L’action de Vinci a fortement dévissé ce mardi après-midi, perdant plus de 18 %. Le titre a même dû être suspendu, avant de reprendre sa cotation environ 30 minutes après. Il est resté dans le rouge jusqu’à la fin de la séance, terminant en repli de 3,76 % à 58,80 euros, tandis que le marché grappillait 0,41 %.

« Nous avons été hackés et nous allons saisir l’AMF »

Le groupe de BTP et concessions Vinci a « formellement » démenti les allégations contenues dans ce faux communiqué de presse. « Un faux communiqué de presse Vinci a été publié par Bloomberg le 22 novembre à 16 h 05 », a indiqué le groupe dans une brève déclaration mise en ligne sur son site. « Nous avons été hackés et nous allons saisir l’AMF » (l’Autorité des marchés financiers), a par ailleurs indiqué un porte-parole du groupe, quelques minutes après la chute de l’action.

Vinci a également annoncé son intention de déposer une plainte contre X. Vinci a précisé que, selon des investigations menées en interne, il n’a « pas été victime d’un piratage informatique mais d’usurpation d’identité », avec la création de fausses adresses mail au nom de responsables du groupe, ainsi que d’un faux site internet.

Le gendarme français de la Bourse a annoncé ce mercredi son intention de mener des investigations. « L’Autorité des marchés financiers considère qu’il s’agit d’un grave dysfonctionnement du marché », a affirmé l’AMF dans un communiqué, ajoutant qu'« il s’agit de diffusion de fausses informations » qui la conduisent « à mener des investigations » et à « vérifier qui pourrait en avoir tiré profit via une possible manipulation de cours ».

Des piratages de plus en plus fréquents

Les grands groupes mondiaux font régulièrement l’objet de ce type de falsifications, dont les motivations sont diverses. En juin 2015, le gendarme boursier américain, la SEC, a ainsi lancé des poursuites pour manipulation de cours après l’annonce, par de mystérieuses sociétés, d’offres de rachat du groupe de cosmétique Avon Products et de deux autres entreprises cotées, dont les actions avaient en conséquence flambé.

En janvier 2013, le groupe de charbon australien Whitehaven Coal avait vu temporairement chuter son cours de Bourse après l’envoi, par des activistes anti-charbon, d’un faux communiqué de presse qui mettait en question la rentabilité de l’un de ses principaux sites miniers.

Mots-clés :