Affaire Fiona: «J’ai le droit d’être enceinte si je veux», proteste la mère, Cécile Bourgeon

PROCES Accusée d’avoir porté les coups ayant entraîné la mort de sa fille Fiona, en 2013, Cécile Bourgeon s’est énervée, mardi, quand sa correspondance en détention a été lue…

Vincent Vantighem

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Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf, dans le box des accusés, lundi 14 novembre, à la cour d'assises de Riom.

Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf, dans le box des accusés, lundi 14 novembre, à la cour d'assises de Riom. — Benoit PEYRUCQ / AFP

De notre envoyé spécial à la cour d’assises du Puy-de-Dôme, à Riom,

Il y a des cœurs sur les points. Et « Amour » en guise de signature. Cécile Bourgeon s’est énervée, mardi après-midi, devant la cour d’assises de Riom (Puy de Dôme), quand la correspondance qu’elle a entretenue avec un autre détenu a été lue à l’audience. Accusée d’avoir porté des coups ayant entraîné la mort de Fiona, sa fille de 5 ans, en 2013, la jeune femme de 29 ans est en prison depuis trois ans.

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C’est derrière les barreaux, après « trois, quatre tentatives de suicide » qu’elle s’est décidée à répondre aux courriers de Djamel pour retrouver un peu d’espoir. Sauf qu’elle n’imaginait pas que cette « correspondance épistolaire » se retrouverait devant la cour d’assises.

« Vous cherchez la p’tite bête, vous allez la trouver »

« Vous écrivez que vous aimeriez bien être de nouveau enceinte, attaque Marie Grimaud, avocate de l’association Innocence en danger. Parce que vous aimez trop les enfants… » Stupeur dans la salle d’audience. Et énervement dans le box des accusés.

Evasive jusque-là, la mère de Fiona s’emporte. « Vous cherchez la p’tite bête, vous allez la trouver, assène-t-elle à l’avocate. Je fais ce que je veux. J’ai le droit d’être enceinte si je veux. J’ai des droits de citoyenne… »

Fiona « tristounette » et parfois « en état végétatif »

Si le but était de susciter une réaction, la manœuvre est réussie. La vérité sur toute cette affaire, elle, attendra encore un peu. Appelé à la barre dans la foulée, Clément, le frère de Cécile Bourgeon n’a fait que confirmer l’horreur. Il a d’abord décrit une petite Fiona « tristounette » et même parfois « en état végétatif ». C’est d’ailleurs à cause de ça qu’il ne parle plus à sa sœur depuis trois ans. Pour autant, il la connaît bien et assure : « Si elle savait [où elle a enterré Fiona], elle le dirait… »

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En pleurs pour la première fois depuis le début de l’audience, Cécile Bourgeon confirme à sa façon. « J’ai donné tout mon possible pour retrouver ma fille. Vous croyez que je vis bien cette situation ? » Il lui reste dix jours pour tenter de l’améliorer. Tout comme son ancien compagnon, hagard durant toute l’audience, elle risque une peine de trente ans de prison.