Des CRS lors de la manifestation contre le projet de loi travail à Paris le 19 mai 2016
Des CRS lors de la manifestation contre le projet de loi travail à Paris le 19 mai 2016 - KENZO TRIBOUILLARD AFP

Il n'a pas reconnu les faits, mais la justice l'a quand même jugé responsable. Un sociologue de 35 ans, Nicolas Jounin, a été condamné jeudi à Bobigny à six mois de prison avec sursis pour avoir frappé un policier au printemps lors d'une manifestation contre la loi travail.

Estimant qu'il était «venu avec l'intention d'en découdre», le parquet avait requis huit mois de prison avec sursis.

Fera-t-il appel?

«Mon client se réserve le droit de faire appel», a réagi auprès de l'AFP Me Raphaël Kempf. L'avocat, qui juge que «la relaxe s'imposait», dénonce notamment le fait que la décision du tribunal ne s'appuie que sur le témoignage d'un commissaire de police, «qui présente des contradictions».

28 avril 2016, 8h40. L'ancien maître de conférence de l'université Paris-VIII, qui milite à la CGT, est interpellé à Saint-Denis après qu'un cortège d'une centaine de manifestants s'est retrouvé «au contact» de policiers qui tentaient de leur barrer la route.

Un réquisitoire sévère de la procureur

A la barre du tribunal de Bobigny, le fonctionnaire blessé a raconté avoir «reçu une percussion au thorax», avant d'être «piétiné» et de recevoir un coup de pied au visage, sous la visière de son casque. «Impossible» toutefois d'identifier son agresseur.

Le commissaire divisionnaire présent sur place est lui formel: c'est Nicolas Jounin qui l'a frappé. Dans les procès-verbaux, il décrit «un homme de type européen, aux cheveux blonds courts et à la calvitie partielle».Or, le manifestant portait ce jour-là un bonnet, selon son témoignage et des captures de vidéo présentées lors de son procès.

La procureure avait livré un réquisitoire sévère, condamnant une «scène hallucinante de violence collective, où 150 personnes enragées tentent de forcer un barrage de police». «Je ne crois pas qu'il soit venu là dans une intention pacifiste, bien au contraire, je crois qu'il est venu là avec l'intention d'en découdre», avait-elle dit, prenant pour preuve le fait que le prévenu avait sur lui des ampoules de sérum physiologique en prévision des gaz lacrymogènes.

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