Jacqueline Sauvage saura le 24 novembre si elle obtient sa libération conditionnelle

JUSTICE Ce jeudi, la cour d’appel de Paris se penchait sur la demande de remise en liberté de cette femme battue, condamnée pour le meurtre de son mari et partiellement graciée…

20 Minutes avec AFP

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Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblees sur la place de la Bastille pour demander la grace presidentielle et liberer Jacqueline Sauvage. Paris, le 23 Janvier 2016.

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblees sur la place de la Bastille pour demander la grace presidentielle et liberer Jacqueline Sauvage. Paris, le 23 Janvier 2016. — SEVGI/SIPA

Jacqueline Sauvage sera fixée sur son sort le 24 novembre. Condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari violent et partiellement graciée par François Hollande, elle avait demandé à la cour d’appel de Paris de lui accorder une libération conditionnelle. Lors d’une audience à huis clos, son cas a donc été examiné, et la décision planifiée dans un peu moins d’un mois.

Trois coups de fusil dans le dos

Devenue un symbole des femmes victimes de violences conjugales, Jacqueline Sauvage, 68 ans, a tué son époux de 65 ans le 10 septembre 2012, de trois coups de fusil dans le dos, à  La Selle-sur-le-Bied (Loiret). En première instance en octobre 2014, comme en appel en décembre 2015, Jacqueline Sauvage a été condamnée à dix ans de réclusion criminelle. A chaque fois, la cour d’assises, composée de magistrats professionnels et de jurés populaires, a écarté la préméditation de son geste.

Lors du second procès, devant les assises du Loir-et-Cher, l’avocat général a estimé que « la légitime défense n’est absolument pas soutenable ». Les avocates de Jacqueline Sauvage ont plaidé l’acquittement, appelant à « repousser les limites de la légitime défense appliquée aux situations de violences conjugales ».

Une première demande de libération refusée

De manifestations en pétitions, la condamnation de Jacqueline Sauvage a suscité une vague d’indignation. Sollicité par ses filles et de nombreux élus et personnalités, Jacqueline Sauvage a obtenu le 31 janvier une grâce partielle du président de la République, notamment de la période de sûreté, lui permettant de présenter immédiatement une demande de libération conditionnelle.

>> Lire aussi : Pourquoi le tribunal a refusé sa libération?

Mais le 12 août, le tribunal d’application des peines (TAP) de Melun (Seine-et-Marne) refuse de la libérer, malgré la position du parquet, qui soutenait sa demande. Le tribunal a notamment reproché à Jacqueline Sauvage « de ne pas assez s’interroger sur son acte » et a estimé qu’elle ne pouvait « prétendre vivre à proximité des lieux des faits, dans un environnement qui, compte tenu des soutiens dont elle bénéficie et de la médiatisation des faits risquerait de la maintenir dans une position victimaire ».

Silence dans son comité de soutien

Ses avocates, Mes Nathalie Tomasini et Janine Bonaggiunta, ont alors dénoncé un « véritable acharnement judiciaire » de la part de magistrats « qui probablement règlent leurs comptes car la grâce présidentielle a été extrêmement mal perçue par l’ensemble de la profession ».

Après y avoir dans un premier temps renoncé, Jacqueline Sauvage a finalement décidé de contester devant la cour d’appel de Paris ce refus de lui accorder une libération conditionnelle. De son côté, son comité de soutien  a décidé de réduire son activité publique et de ne plus « faire aucune déclaration à la presse » jusqu’à la décision de la cour d’appel. Plus qu'un mois à tenir.